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Bulletin Quotidien Europe N° 8068
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/developpement

Plaidoyer des ministres de la Coopération des Quinze pour que l'Union s'engage à augmenter son aide publique au développement et pour que l'aide humanitaire à l'Afghanistan soit financée par des ressources additionnelles

Bruxelles, 11/10/2001 (Agence Europe) - L'impérieuse nécessité d'augmenter l'aide publique mondiale au développement et le devoir des Etats membres de l'Union de donner l'exemple en respectant leur engagement d'affecter 0,7% de leur PNB à cette cause a été unanimement soulignée par les ministres de la Coopération au développement des Quinze, mercredi à Bruxelles. Leur réunion informelle d'urgence, organisée par le président en exercice du Conseil Eddy Boutmans pour réagir à la nouvelle situation mondiale résultant des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis (voir EUROPE du 10 octobre, p.7), a été dominée par le souci que la lutte internationale contre le terrorisme et la gestion de la crise humanitaire en Afghanistan, pour légitimes qu'elles soient, ne relèguent pas au second plan la lutte contre la pauvreté, la quête d'un développement durable, la prévention et la gestion des conflits dans les pays en développement, et en particulier en Afrique. Convaincus que la paix, la sécurité et la stabilité mondiales dépendent aussi de la réponse que les pays riches pourront apporter à ces problèmes, les ministres ont longuement débattu de la préparation à la conférence des Nations unies sur le financement du développement qui se tiendra en mars 2002.

Concernant l'Afghanistan, un consensus s'est dégagé sur la nécessité de fournir une aide humanitaire immédiate qui devra être financée par des ressources additionnelles et s'effectuer en étroite coordination avec les agences de l'ONU en premier lieu, le CICR et les ONG humanitaires par voie de convois routiers, avec le professionnalisme requis. Mais, ont souligné les ministres, il convient aussi de constituer une réserve financière pour permettre, à plus long terme, la reconstruction et la réhabilitation. L'élaboration d'une stratégie de reconstruction de l'Afghanistan implique, selon eux, l'établissement d'une société démocratique respectueuse des droits de l'homme et de la femme.

Les ministres ont par ailleurs estimé que la coopération au développement est un instrument de lutte contre le terrorisme en ce qu'elle vise l'éradication de la pauvreté et les inégalités qui sont sources d'humiliation et peuvent générer des sentiments de révolte susceptibles de mener à des actions terroristes. Considérant que le récent accord de Cotonou liant les 77 pays ACP (Afrique/Caraïbes/Pacifique) à l'Union européenne dans un partenariat pour le développement constitue, à cet égard, un cadre de référence exemplaire, ils ont appelé leurs Parlements respectifs à le ratifier au plus vite.

Lors d'une conférence de presse, M. Boutmans a rappelé que la pauvreté dans le monde est une responsabilité partagée entre tous, mais que c'est aux pays industrialisés d'accroître leur effort de solidarité. « Sans faire un nouveau pas vers l'augmentation de l'aide publique au développement en termes qualitatifs et quantitatifs, nous ne pourrons pas atteindre l'objectif du millénaire qui est de réduire de moitié la pauvreté dans le monde à l'horizon 2015 », a-t-il déclaré, rappelant qu'il convient, pour ce faire, de doubler l'APD dont le montant total s'élève actuellement à 500 millions d'euros. « Nous voulons obtenir pour la conférence des Nations unies en mars un engagement concret des Etats membres. L'Irlande s'est engagée à réaliser son objectif de 0,7% en 2007. Il serait bien que d'autres pays lui emboîtent le pas », a-t-il dit. La réunion préparatoire de New York, le 15 octobre, devrait fournir l'occasion de progresser dans cette voie.

A propos de l'Afghanistan, Eddy Boutmans a fait état du soutien des ministres à l'action de l'UE pour gérer la crise humanitaire «bien avant le 11 septembre et après les frappes militaires ». Interrogé sur la signification du « professionnalisme » requis, il a répondu: « l'aide doit être acheminée là où se trouvent les besoins. Nous voulons éviter l'amateurisme dans la gestion des mouvements de solidarité. C'est pourquoi nous avons besoin des ONG ». Et le Commissaire Poul Nielson d'ajouter que le professionnalisme était une nouvelle exigence à l'égard du comportement des donateurs, née de l'évaluation de l'aide au Rwanda qui avait mis en lumière les méfaits de la mauvaise organisation, et marqué un tournant pour la communauté internationale. Il s'est réjoui que le Programme alimentaire mondial ait pu reprendre ses activités en acheminant 1000 tonnes de vivres aux Afghans, et a assuré que l'aide à la reconstruction de l'Afghanistan prendrait le relais, le moment venu, de l'aide humanitaire, sans que l'Afrique en fasse les frais. « L'aide aux Balkans ne s'est pas exercée au détriment de l'Afrique, nous voulons qu'il en aille de même cette fois », a-t-il déclaré.

Commentant l'appel des ministres à l'augmentation de l'APD, M. Nielson a estimé que «mettre l'accent sur le niveau de l'aide ne résout pas tout mais constitue sûrement une réponse au nouveau désordre mondial. C'est quelque chose que nous pouvons faire ». Au niveau de l'Union, cet appel s'adresse principalement aux ministres des Finances des Quinze, a-t-il précisé. Poul Nielson considère toutefois que « le moment est venu de mobiliser le soutien pour cette augmentation », puisque les conclusions du Conseil Ecofin du 21 septembre appellent, selon lui, «à une réponse forte de la Commission ».

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