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Bulletin Quotidien Europe N° 8052
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/avenir de l'europe

Jacques Delors plaide pour un gouvernement européen - Le « contrat de mariage » a 15 est-il valable à 27 ?

Bruxelles, 20/09/2001 (Agence Europe) - L'ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors, en évoquant "l'état de l'intégration européenne et la voie à suivre", à l'occasion d'un séminaire organisé le 19 septembre à Bruxelles par l'EADS (European Aeronautic Defence and Space Company), a souligné la nécessité de "remettre au centre la méthode communautaire" et a souhaité que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union discutent d'un "gouvernement européen". J'ai parlé à ce propos d'une "Fédération d'Etats nations", a rappelé M. Delors, en estimant que, s'il y avait un tel gouvernement européen à la place d'une Présidence tournante du Conseil, changeant tous les six mois, aux Etats-Unis on ne demanderait plus, comme cela lui est arrivé lorsqu'il était Président de la Commission, "qui est le monsieur qui est à vos côtés?".

En examinant les progrès de la « marche vers l'intégration économique », M. Delors a exprimé le regret que, à cause du déséquilibre entre le pilier monétaire et le pilier économique de l'UEM, "l'Union économique et monétaire ne sera pas tout de suite un acte politique significatif". "Je n'ai jamais cru à un automatisme Union monétaire-union politique", a-t-il dit, tout en escomptant que "l'euro sera sans doute un facteur de ralliement, il sera sans un doute un drapeau, un étendard" (mais il a aussi dit qu'il ne comprenait pas "comment tant de talents, à la Banque centrale européenne, peuvent donner un résultat si moyen").

Quant aux efforts de l'UE pour devenir un "acteur politique", M. Delors a estimé en particulier que l'Union devra essayer d'avoir une "vision plus juste, plus exacte, plus rigoureuse du monde", face au défi actuel de la "coupure du monde" dénoncée par les organisations qui contestent la mondialisation. Ces organisations tendent à "exagérer l'importance du G8", a remarqué Jacques Delors, en ajoutant qu'il avait participé lui-même à quatorze sommets de ce type (G7, avant l'élargissement à la Russie: NDLR) qui n'avaient pris que "deux décisions"… Mais l'UE a joué un rôle important dans ces sommets, a-t-il reconnu. S'agissant de la dimension sécurité et défense, M. Delors a constaté que la réflexion sur la question de savoir quels doivent être les critères d'intervention de la future force de réaction rapide de l'UE « n'a pas encore commencé » et, en ce qui concerne la coopération UE-OTAN, il a regretté "l'ambiguïté" qui caractérise l'attitude de l'Administration américaine, et le fait que la Turquie ait "pris l'Union en otage". Autre facette de la personnalité politique de l'Union, la sécurité intérieure: là, M. Delors a admis que les progrès sont "très difficiles" à obtenir, qu'Europol, "créé à la demande de Helmut Kohl, n'est pas opérationnel et n'est pour l'instant qu'une chambre d'enregistrement des données", et que la coopération entre juges n'en est qu'aux "balbutiements".

M. Delors a conclu en constatant que le futur "grand élargissement" de l'UE est "un devoir historique, ça ne se discute pas", mais en se demandant aussi: est-ce que le "contrat de mariage" conclu à Six et accepté globalement à Douze (avec des réserves chez les Britanniques et les Danois) est applicable pour les 27 ? "Il faut savoir ce qu'on veut faire de cette grande Europe", s'est écrié M. Delors, pour qui le Traité de Nice "n'a rien résolu" sur le plan institutionnel. "Imaginez-vous que la France et l'Allemagne président le Conseil une fois tous les treize ans…", a-t-il dit (mais il n'a cité qu'en passant son idée d'une "avant-garde").

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