Genval/Bruxelles, 10/09/2001 (Agence Europe) - Aucun progrès notable n'a pu être enregistré sur les dossiers chypriote ou de la politique de défense européenne, après la rencontre entre le ministre turc des Affaires étrangères, Ismael Cem, et le président du Conseil de l'UE, Louis Michel dimanche matin à Genval, puis avec le Haut Représentant, Javier Solana, lundi à Bruxelles. Ismael Cem a également rencontré le ministre britannique Jack Straw à Genval. "En l'absence d'éléments véritablement nouveaux, j'ai décidé avec l'accord de nos partenaires de reporter l'examen de ce point au Conseil Affaires générales du 8 octobre", a déclaré M. Michel.
"Nous espérons faire bouger les choses" avec la Turquie, afin que l'UE puisse avancer vers la conclusion d'un accord définitif avec l'OTAN sur l'utilisation de ses capacités, indique la porte-parole de Javier Solana, après l'entretien en tête à tête lundi entre Cem et Solana sur la politique européenne de défense. L'UE avait décidé à Nice de proposer notamment à la Turquie un mécanisme de consultation sur "un large spectre de dossiers", et la possibilité pour elle d'accréditer 6 officiers auprès de l'Etat major européen. Cette "offre généreuse", selon la porte-parole de M. Solana, avait été complétée pendant la réunion de l'OTAN à Budapest. Lors de la rencontre avec Louis Michel, "nous avons mis les points sur les "i" en soulignant que des décisions ont été prises lors du sommet de l'OTAN à Washington puis lors des réunions ministérielles à Florence et Budapest, qui doivent être respectées", a dit un diplomate turc à EUROPE. "L'exercice d'Istanbul (le document sur cette question proposé par Londres: NDR) a été utile. Il existe une volonté de faire avancer les choses, mais il y encore des progrès à accomplir", estime le diplomate sans préciser la nature de ces progrès.
Louis Michel et Javier Solana ont également soutenu l'offre du secrétaire général de l'ONU de tenir une rencontre entre les leaders des deux communautés chypriotes en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies, offre rejetée par le leader chypriote turc, Rauf Denktash. M. Cem a souligné la nécessité d'assurer l'égalité de traitement entre les deux communautés et de s'en tenir à la déclaration de Kofi Annan de septembre 2000, remarque le diplomate turc. "Il y a encore un effort de terrain à faire", précise-t-il.
Ismael Cem et Javier Solana ont évoqué par ailleurs le rôle actif de la Turquie au Proche-Orient et dans le cadre de l'action de l'OTAN en Macédoine.