Bruxelles, 10/09/2001 (Agence Europe) - Sur proposition d'Anna Diamantopoulou, la Commission européenne devrait adopter ce mercredi son "paquet emploi" annuel, dont l'objectif est de faire avancer les réformes du marché du travail européen mais aussi d'évaluer les résultats, positifs ou non, engrangés par les Etats membres en matière de création d'emplois et de mise en place de politiques favorisant la création d'emplois. La principale conclusion en est que l'année 2000 a enregistré les meilleurs résultats depuis le lancement de la stratégie européenne pour l'emploi; la Commission lance donc un appel aux gouvernements et au monde patronal et syndical afin qu'ils persévèrent dans la poursuite de la réforme du marché du travail. Une fois adopté par la Commission, ce paquet en trois parties (un rapport sur les performances des Etats membres en matière d'emploi, un ensemble de recommandations à chaque Etat membre individuellement, et des lignes directrices pour l'avenir) sera transmis au Conseil pour décision avant la fin de cette année.
Le Rapport conjoint sur l'emploi (Commission - Conseil) part d'un constat positif, à savoir qu' au cours de l'année 2000, on s'est rapproché des objectifs fixés au Sommet de Lisbonne. Ainsi: - le taux d'emploi de la population en âge de travailler s'est élevé à 63,3% en 2000 (contre 62,3% en 1999), en se rapprochant des 67% en 2005 et 70% en 2010 requis par Lisbonne; - le taux de chômage a diminué à 8,2% (contre 9,1% en 1999) et le nombre de personnes sans emploi est tombé à 14,5 millions (soit 1,5 million de moins qu'en 1999); - plus de 1,6 million de nouveaux emplois ont été donnés à des femmes, dont le taux d'emploi a augmenté de 52,8% en 1999 à 54% en 2000 (Lisbonne visait 60% en 2000 et le Sommet de Stockholm avait souhaité 57% en 2005); - plus de 60% de la création d'emplois concerne les nouvelles technologies. Toutefois, le rapport note certaines faiblesses, comme un niveau de chômage qui reste très haut (le double de celui des Etats-Unis par exemple), surtout parmi les jeunes (16,3% de la population jeune active), ou le faible taux d'emploi des 55-64 ans qui se maintient à 37,7%.
Le document relatif aux recommandations aux Etats membres indique, que pour améliorer le marché du travail européen, les Etats membres doivent s'employer à: - mettre en place des politiques actives et préventives pour lutter en particulier contre le chômage des jeunes et le chômage à long terme; - accroître l'offre d'emploi et la participation de certaines catégories défavorisées (minorités ethniques, travailleurs migrants) au marché de l'emploi; - établir une stratégie d'apprentissage tout au long de la vie compréhensive; - réduire l'imposition sur le travail; - renforcer l'égalité des chances entre les hommes et les femmes sur le marché du travail; - corriger les disparités régionales en matière de performance d'emploi; - impliquer de manière adéquate les partenaires sociaux afin d'améliorer le niveau et la qualité de l'emploi.
En ce qui concerne les lignes directrices pour l'emploi, les quelques changements qui y ont été apportés cette année découlent des conclusions des récents Sommets européens et d'autres développements politiques, et affirment que les Etats membres doivent: 1) insister sur la qualité de l'emploi, afin de garantir plus d'emplois de meilleure qualité, comme le demandent le Sommet de Stockholm et la récente communication de la Commission sur la qualité de l'emploi; 2) établir de nouveaux objectifs pour les taux d'emploi, comme prévu au Sommet de Stockholm: taux d'emplois intermédiaires en général (67%) et pour les femmes (57%) d'ici 2005, 50% d'emploi pour les personnes de 55 à 64 ans d'ici 2010. Les Etats membres sont fortement encouragés à établir des objectifs d'emplois nationaux; 3) tenir compte d'une ligne directrice révisée qui encourage la mobilité du travail sur les nouveaux marchés du travail européen, dans la ligne du Sommet de Stockholm et de la récente communication de la Commission sur les nouveaux marchés du travail européen; 4) renforcer la ligne directrice sur le fossé qui persiste entre les genres sur le marché du travail.