Bruxelles, 27/07/2001 (Agence Europe) - A l'occasion du 50ème anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, ce samedi 28 juillet, l'Union européenne doit faire une déclaration dans laquelle elle "réaffirme son attachement à cet instrument unique qui est à la base du régime international de protection des réfugiés, invite tous les Etats qui ne l'ont pas encore fait à ratifier la convention de 1951 ainsi que le protocole de 1967 et demande aux Etats qui ont assorti ces instruments de restrictions géographiques et autres réserves de réexaminer ces dernières, de manière à garantir l'application universelle de leurs dispositions".
L'UE rappelle aussi la déclaration solennelle qu'elle a faite lors du Sommet de Tampere, selon laquelle "le futur régime d'asile européen commun sera fondé sur l'application intégrale et globale de la convention de 1951" et affirme une nouvelle fois son "attachement au respect absolu du droit d'asile tel qu'il est énoncé notamment dans la Charte européenne des droits fondamentaux".
Consciente du mandat dévolu au Haut Commissariat des Réfugiés (HCR), l'UE "mesure toute l'importance des efforts déployés par cet organisme pour protéger les réfugiés et autres personnes ayant besoin d'une protection internationale et pour contribuer à trouver des solutions durables à leurs problèmes". Pour l'UE, les Etats contractants doivent coopérer avec le HCR pour l'aider à s'acquitter de son obligation consistant à vérifier l'application des dispositions de la convention. L'UE "est disposée à poursuivre sa collaboration avec le HCR afin de garantir l'efficacité de la protection et de l'aide apportées aux réfugiés".
Pour mémoire, la convention sur les réfugiés du 28 juillet 1951 est la base du système juridique international moderne pour protéger celles et ceux qui ont dû fuir leur pays pour échapper à la persécution ou à un conflit. Cette convention, qui a permis de sauver d'innombrables vies, offre une définition du terme "réfugié", qui s'est avérée suffisamment flexible pour englober les nouveaux types de réfugiés. Elle confère aux réfugiés des droits fondamentaux (par exemple droit aux pièces d'identité, libre accès devant les tribunaux, droit à l'éducation). Toutefois sa validité est remise en question, notamment à cause: (1) du nombre croissant de demandeurs d'asile; (2) de l'augmentation des réseaux de trafic de personnes; (3) du sentiment que la majorité de celles et de ceux qui cherchent refuge sont de "faux" demandeurs d'asile, ainsi que (4) des frais élevés qu'entraînent les systèmes d'asile.
"La Convention de Genève traduit dans le droit et dans les faits une conception élevée de l'homme et de sa liberté. Elle affirme en effet le principe d'une obligation solidaire de protection en faveur de celles et de ceux qui sont exposés à des persécutions", a déclaré le Commissaire Antonio Vitorino en affirmant que le futur régime d'asile européen commun sera fondé sur une application intégrale et globale de la Convention de Genève. "Nous devons aussi répondre aux nouveaux besoins en matière de protection mis à jour par les évolutions géopolitiques contemporaines et protéger le droit d'asile face aux procédés qui tendent à le détourner de sa véritable finalité humanitaire", a-t-il dit en rappelant que le Conseil vient d'adopter un nouveau régime de protection temporaire et que la Commission doit adopter prochainement une proposition comprenant une définition commune de la notion de réfugié et un rapprochement des systèmes nationaux de protection.
Par ailleurs, le Secrétaire général du Conseil de l'Europe, Walter Schwimmer, a profité de cet anniversaire pour rendre hommage au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés qui assure sans relâche la protection de quelque 21 millions de personnes dans le monde, dont 7 millions en Europe. Et d'appeler solennellement les 43 Etats membres du Conseil de l'Europe à "ne pas céder aux préjugés et à ne pas se laisser aller à considérer l'Europe comme une forteresse". "Cultivons au contraire nos traditions de compassion, de générosité et d'hospitalité envers ceux qui ont dû fuir et rompre avec leurs racines".