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Bulletin Quotidien Europe N° 7991
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/canada

Le Sommet de Stockholm aboutit en particulier à la réaffirmation de l'attachement au Protocole de Kyoto et à une déclaration détaillée sur un futur round à l'OMC

Stockholm, 22/06/2001 (Agence Europe) - Les dirigeants de l'Union européenne et du Canada ont affiché, jeudi à Stockholm, leur "ferme attachement" au processus de Kyoto contre les changements climatiques et un socle commun, étonnamment détaillé, sur le prochain cycle de négociations multilatérales sur la libéralisation du commerce mondial. Un double succès pour les Européens qui vient à point nommé les conforter dans leurs efforts visant à rallier une masse critique de pays à la ratification du Protocole de Kyoto, récemment mis à mal par le refus de la nouvelle Administration américaine, et au lancement, dès l'automne prochain, d'un nouveau round doté d'un agenda "étendu". L'Union et le Canada, qui célèbrent cette année le 25ème anniversaire de leurs relations officielles, sont aussi convenus de coordonner plus étroitement leurs actions dans des domaines aussi stratégiques que la coopération nordique, la non-prolifération et le contrôle des armements et les activités aux Nations Unies.

Enfin, cette rencontre au Sommet, entre le Premier ministre suédois Göran Persson en sa qualité de Président du Conseil européen, le Président de la Commission européenne Romano Prodi et le Premier ministre canadien Jean Chrétien, fut aussi l'occasion pour Ottawa de relancer son idée de zone de libre- échange, étayée cette fois par une étude prospective des bénéfices procurés par la libéralisation totale des marchés de part et d'autre de l'Atlantique.

Les déclarations conjointes, qui ont été adoptées à l'issue des discussions, portent sur:

1. l'OMC. Européens et Canadiens disent attacher "beaucoup d'importance" à ce qu'un nouveau cycle "ambitieux et équilibré soit lancé avec succès" lors de la conférence ministérielle de Doha en novembre prochain et qu'il "traduise les intérêts de tous les membres" de l'organisation, en visant à: étendre l'accès à tous les marchés pour tous; améliorer, renforcer et clarifier les règles existantes; soumettre de nouveaux secteurs aux disciplines multilatérales. Et de constater que "l'idée de fixer un ordre du jour étendu recueille un soutien de plus en pus large", en se promettant de s'employer, "avec nos partenaires, à dégager un consensus sur ce point". Vient ensuite un long passage sur les pays en développement "que les négociations doivent soutenir dans leurs efforts de développement et aider à relever les défis auxquels ils doivent faire face pour s'intégrer à l'économie mondiale", disent Européens et Canadiens en promettant "d'insister pour que de nouvelles décisions soient prises rapidement" pour répondre à leurs préoccupations en matière de mise en oeuvre des accords existants et "d'explorer au cours des négociations d'autres mesures en faveur du renforcement des capacités" de ces pays. Quelques mots enfin sur des sujets de préoccupation partagés par l'UE et le Canada, les dirigeants s'engageant à veiller à ce que le cycle réponde aux "préoccupations légitimes du public au sujet du système commercial", en contribuant au "développement durable" et en permettant "d'atteindre d'autres objectifs sociaux à caractère général tels que le droit, pour chaque membre de l'OMC, de promouvoir la diversité culturelle".

2. Changement climatique. Alors que les Européens appréhendaient une réticence du Canada face au risque d'isolement de leur puissant voisin, une déclaration commune est venue confirmer l'engagement d'Ottawa à oeuvrer à leurs côtés à la réalisation des objectifs fixés par le Protocole de Kyoto, à commencer par la réunion de Bonn en juillet prochain, en suivant des approches largement concordantes sauf pour quelques points d'ordre technique liés au protocole. Pour M.Persson, "la chose la plus importante à l'heure actuelle est de réunir tous les amis du Protocole de Kyoto et de leur demander de le ratifier" et il s'est félicité avec enthousiasme de ce que "l'Union et le Canada (le) soutiennent intégralement". "Nous avons décidé de continuer à participer de manière constructive, lorsqu'elles reprendront, aux négociations dans le cadre de la 6ème conférence des parties, dans le but d'arrêter un ensemble complet et équilibré de décisions portant sur des règles de mise en oeuvre du Protocole de Kyoto et soutenir les pays qui sont prêts à mettre en place le processus de ratification", disent les dirigeants dans leur déclaration, en convenant aussi d'intensifier leurs efforts pour: réduire sensiblement les émissions de gaz à effet de serre, mettre en oeuvre leurs programmes nationaux et tirer parti des mécanismes du marché et des nouvelles technologies durables. L'UE et le Canada, qui affirment que le changement climatique représente "un défi global urgent", ont également "réfléchi à la manière dont nous pourrions encourager d'autres pays à de nouveaux efforts à cet égard" et "réaffirmé notre volonté d'aider les pays en développement à faire face au problème des changements climatiques". Des représentants de l'Union doivent prochainement se rendre au Canada, ainsi qu'au Japon et en Australie, qui réclament tous trois une interprétation plus souple du protocole et dont le soutien est jugé crucial pour la survie de cet accord. Une escale aux Etats-Unis est aussi prévue en juillet.

3. Non-prolifération, maîtrise des armes et le désarmement, une déclaration qui souligne les inquiétudes que partagent les Européens et les Canadiens sur le statut du régime mondial de contrôle des armements et confirme leur volonté de voir progresser l'agenda international dans ces domaines.

4. Coopération dans les forums de l'ONU. Une coopération préalable aux événements est prévue et les partenaires disent partager les mêmes vues sur la mise en oeuvre de la Cour pénale internationale.

Les dirigeants ont aussi adopté, pour la première fois, un document mettant en exergue les principaux aspects de la coopération entre l'UE et le Canada au cours du semestre qui s'achève et identifiant d'autres domaines où ils pourraient inscrire leur dialogue d'ici la fin de l'année et éventuellement étendre leur coopération, y compris: exploration de pistes pour contribuer à atténuer les problèmes liés aux armes légères et de petit calibre en Albanie; confirmation de leur "ferme soutien" en faveur du Pacte de Stabilité; renforcement de leur coordination en vue d'aider l'Ukraine à poursuivre ses réformes; espoir d'une décision définitive sur l'équivalence des législations en matière de vie privée d'ici leur prochain Sommet; objectif d'arrêter à brève échéance la version définitive de la déclaration commune d'intention couvrant la seconde phase de développement et de validation de Galileo (B2) et d'entamer la négociation de l'accord formel avant la fin de l'année; accord pour "collaborer avec les PVD au renforcement de leurs systèmes de santé, appuyer leurs efforts de prévention et garantir un approvisionnement sûr en médicaments et vaccins à des prix abordables" afin d'enrayer la progression du Sida, du paludisme et de la tuberculose dans ces régions.

Sur le commerce du vin et de spiritueux, où les Européens attendent qu'Ottawa leur rende la politesse après l'ouverture de leur marché à l'Icewine canadien le 17 mai dernier, les deux parties promettent de s'employer "activement" à obtenir un mandat de négociation en vue de conclure "des accords satisfaisants dès que possible" (celui de la Commission devait déjà être entre les mains du Conseil au moment du Sommet: NDLR).

Enfin, les dirigeants ont endossé le rapport d'avancement des travaux sur la coopération nordique conjointe (avec de futures initiatives et un mécanisme qui pourrait permettre d'engager la Russie) et un autre rapport sur les progrès de l'initiative commerciale (ICCU).

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