Le Bourget, 20/06/2001 (Agence Europe) - Le Commissaire européen à la recherche, Philippe Busquin, a ouvert mardi, lors du salon de l'aéronautique du Bourget à Paris, la première réunion du "Conseil pour la recherche aéronautique en Europe" (ACARE). Composé d'une trentaine de membres représentant les Etats membres, la Commission, le monde académique et l'industrie, l'ACARE devra définir des priorités et un calendrier de recherche pour mettre en œuvre les objectifs définis dans le document de stratégie "Vision 2020 pour l'aéronautique" présenté en janvier dernier par un groupe de personnalités (voir EUROPE des 29 et 30 janvier p.10). L'ambition est de parvenir d'ici à 2020 à réduire par cinq le nombre d'accidents, diminuer de 50% le bruit et les émissions de CO2 des avions, et d'améliorer la capacité du système de trafic aérien.
"Il s'agit de la première étape concrète pour la constitution d'un espace européen de la recherche dans le domaine aéronautique", a souligné mardi au Bourget le Commissaire Busquin, en précisant que les recommandations de l'ACARE "serviront à planifier et à assurer la cohérence des programmes de recherche, aux niveaux européen et national". Il a rappelé que la Commission a proposé d'allouer 1 milliard d'euros à la recherche aéronautique et spatiale, l'un des sept domaines prioritaires du 6ème Programme cadre de recherche.
"Nous avons identifié les objectifs dans le document "Vision 2020", nous devons maintenant préciser la feuille de route pour les concrétiser. Le plus tôt sera le mieux", commente Walter Kröll, président du Centre allemand de l'aéronautique et membre de l'ACARE, qui compte définir rapidement un agenda d'un an. "Il ne s'agit pas de créer une bureaucratie supplémentaire, mais au contraire d'assurer une plus grande efficacité des programmes et des financements disponibles", précise le professeur Kröll. "Les participants se sont engagés à mettre à la disposition de l'ACARE leurs experts pour chaque secteur concerné", remarque à cet égard Jean Bernard Cocheteux, du constructeur français Snecma.
"Les Etats-Unis ont la Nasa, les Européens doivent trouver un équivalent", remarque un autre membre du Conseil, Jouko Malen, de l'Association des compagnies aériennes européennes (AEA). Selon une étude de l'Association des industries de l'aéronautique (AECMA), le déficit de recherche entre l'UE et les Etats-Unis va de 3 à 4, avec des pointes à 8 ou 10 pour certains secteurs comme l'espace de défense, remarque Jean-Marc Thomas, vice-président d'EADS et responsable du secteur recherche du groupe franco-allemand.
Pour les représentants de l'industrie, il n'est pas troublant que des groupes concurrents s'associent aux travaux de l'ACARE, au stade de la recherche "précompétitive". "Les groupes industriels du secteur sont de plus en plus intégrés et complémentaires, qu'il s'agisse d'EADS au niveau européen, de Thales en France ou BAE au Royaume-Uni. Il est important que l'intégration de la recherche aéronautique progresse en parallèle", estime Jean-Marc Thomas d'EADS. "Pour donner davantage de cohérence à la recherche aéronautique, il faut créer un véritable partenariat entre l'industrie et les centres de recherche, entre les programmes nationaux et européens, et entre la recherche privée et publique", assure-t-il. A financement égal, "nous devons assurer l'efficacité de nos dépenses de recherche", remarque Jean-Bernard Cocheteux de la Snecma.