Bruxelles, 19/06/2001 (Agence Europe) - Européens et Canadiens célébreront au Sommet qui se tiendra, ce jeudi à Stockholm, le 25ème anniversaire d'une coopération de plus en plus étroite et relativement sereine, cantonnée au départ dans la sphère économique et qui s'étend aujourd'hui à la politique, y compris la sécurité et des problématiques globales comme le réchauffement planétaire. La ratification du protocole de Kyoto est d'ailleurs l'un des dossiers "chauds" de l'actualité internationale - avec le lancement du prochain cycle de négociations à l'OMC - sur lesquels l'Union espère dégager une déclaration transatlantique de cette rencontre, à laquelle participeront le Président en exercice du Conseil européen, le Premier ministre suédois Göran Persson, le Président de la Commission Romano Prodi, le Haut Représentant pour la PESC Javier Solana et le Commissaire au Commerce Pascal Lamy, ainsi que le Premier ministre Jean Chrétien, le ministre des Affaires étrangères John Manley et le ministre du Commerce international Pierre Pettigrew, pour la partie canadienne.
Le Sommet s'ouvrira dans la matinée sur un entretien d'une demi-heure au plus haut niveau, suivi par les réunions simultanées des ministres des Affaires étrangères et du Commerce. Dans le domaine politique, où le ton est généralement au consensus, les discussions se concentreront sur les évolutions enregistrées de part et d'autre de l'Atlantique en matière de sécurité et de défense, l'avancement des réformes en Russie et en Ukraine, ainsi que sur l'escalade des conflits au Moyen-Orient et dans les Balkans occidentaux. Les responsables européens et canadiens des Affaires étrangères devraient ensuite endosser le rapport conjoint sur la Dimension Nordique de la coopération et peaufiner des déclarations communes concernant la non-prolifération et le contrôle de l'armement, la coopération euro-canadienne dans le cadre de l'ONU et, éventuellement aussi, le changement climatique.
Leurs homologues au commerce doivent quant à eux se pencher sur l'état d'avancement des préparatifs pour un nouveau cycle de négociations à l'OMC, en vue d'adopter une déclaration commune aussi détaillée que possible dans la perspective de la Conférence ministérielle de Doha à l'automne prochain. M. Lamy en profitera sans doute pour inviter une nouvelle fois le Canada à surmonter ses dernières réserves et rallier l'initiative "Tout sauf les armes" par laquelle l'Union promet aux pays les plus pauvres de la planète un accès libre de droits et quotas à son marché, en gage de son soutien à leur pleine intégration dans le système commercial mondial. M. Pettigrew envisage pour sa part de lui soumettre une étude mettant en avant les bénéfices de la libéralisation du commerce bilatéral, un document qui semble s'inscrire dans la perspective d'une zone de libre-échange et qui suscite, à ce stade encore précoce, des réserves du côté européen sur une approche (tarifaire) plutôt dépassée par la multiplication d'accords de libre-échange de plus large envergure et la réduction déjà conséquente des droits de douane.
Les quelques points de désaccord entre l'UE et le Canada seront aussi abordés par les ministres, notamment les laborieuses négociations sur les vins et spiritueux (où l'atmosphère est toutefois en train de s'améliorer, dit-on à Bruxelles), les discussions à l'OCDE sur les crédits à l'exportation, le projet de législation européenne sur les OGM et l'affaire du nématode de pin qui peut encore dégénérer en un différend ouvert à l'OMC, en dépit de possibles progrès sur la base d'une approche alternative pour garantir la qualité des importations de bois canadiens dans l'Union.
Une séance plénière clôturera la rencontre en fin de matinée. Les leaders et ministres devraient poursuivre les discussions matinales sur le changement climatique, aborder la question des maladies transmissibles et marquer le 25ème anniversaire de l'accord-cadre de coopération économique et commerciale entre l'Union et le Canada, avant d'endosser les textes et documents conjoints du Sommet.