Bruxelles, 18/06/2001 (Agence Europe) - Le Commissaire européen Pascal Lamy s'est rendu à Toulouse, ce vendredi, pour avoir des "entretiens de travail" avec les dirigeants de Airbus industrie et visiter le site de développement du projet de gros porteur aérien A380, auquel il a ainsi confirmé son soutien. Européens et Américains doivent reprendre, le 17 juillet prochain à Bruxelles, le fil de leur véhément échange de l'hiver dernier sur ce projet et sur les subventions indirectes à Boeing visé par le contre-feu communautaire, dans l'espoir de désamorcer un nouveau conflit commercial.
Pour l'heure, la Commission européenne est dans l'expectative, Washington n'ayant toujours pas réagi aux informations détaillées qui lui ont été transmises, le 19 avril dernier, concernant les concours financiers qu'apporteront 7 Etats membres, sous forme de prêts remboursables, pour le développement du super-jumbo d'Airbus. Ces informations, couvertes par le secret commercial, précisent les montants des avances, le pourcentage du soutien public par rapport au coût de développement du projet, la durée prévue pour le remboursement des prêts (le maximum étant 17 ans), le rendement escompté par les gouvernements qui le sponsorisent (niveau minimal des coûts pour le gouvernement en question plus 0,25%) et le chiffre prévisionnel des ventes d'A380 nécessaire pour permettre le remboursement. "Ce seuil est atteint", précisait-on de source proche du dossier à propos des promesses d'achat, le dernier des 5 éléments de l'échange d'informations auquel les Etats-Unis et l'Union s'étaient engagés à procéder dans le cadre de leur Accord bilatéral de 1992 sur les aides d'Etat à la construction d'avions civils de plus de 100 places.
A ce jour, sept Etats membres sur les neuf participants au projet ont pris des engagements d'aides, à savoir France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Belgique, Pays-Bas et Finlande; les deux autres, Italie et Suède, pourraient s'engager prochainement à lui procurer un soutien direct. Dans l'hypothèse de cette double contribution supplémentaire, le montant total du prêt remboursable devrait rester en deçà du plafond de 33% du coût total du programme de développement. Du point de vue de la Commission, toutes ces informations "respectent pleinement les critères établis par l'Accord" transatlantique.