Bruxelles, 18/06/2001 (Agence Europe) - Le Commissaire européen au Commerce Pascal Lamy doit rencontrer son homologue chinois Shi Guangsheng, ce mardi à Bruxelles, en vue de trouver un terrain d'entente sur les derniers points de désaccord et ouvrir la voie à l'accession prochaine de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Peu avant ce tête à tête, qui fait suite à celui du 8 juin dernier et à l'accord sino-américain intervenu le lendemain, M. Lamy a réaffirmé la volonté de l'Union de "voir la Chine adhérer à l'OMC à la première occasion possible". Je suis confiant, a-t-il dit, que les relations favorables de travail qui ont été établies l'année dernière pour sceller un accord sur la plupart des aspects bilatéraux de l'adhésion de la Chine permettront aux deux côtés de conclure un accord sur le restant dès que possible.
Le « restant » concerne essentiellement le secteur des services en général et en particulier la distribution et les assurances. « Nous voulons être sûrs que les pourparlers avec les Américains n'auront pas d'impact sur nous et surtout, qu'il n'y a pas de tentative de faire marche arrière», a-t-on indiqué de source communautaire, ce lundi, en référence à l'accord bilatéral que les Chinois et les Européens avaient conclu l'an dernier, juste avant que le processus d'accession n'entre dans sa phase multilatérale. Cette phase, qui était en suspens depuis février dernier en raison du désaccord sino-américain sur le statut de pays en développement revendiqué par Pékin, reprendra son cours le 28 juin prochain. L'Union, qui n'avait aucune objection contre le plafonnement des subventions agricoles chinoises à hauteur de 10% de la valeur de la production, est néanmoins « en train de regarder de près l'accord » annoncé par Pékin et Washington le 9 juin dernier, soulignait-on de même source. Les détails de cet accord étaient tenus secrets jusqu'à ces derniers jours. Des sources gouvernementales américaines viennent de préciser qu'il engage la Chine à limiter ses aides agricoles à 8,5% (soit à mi-chemin entre le plafond maximal prévu pour les pays en développement et les 5% applicables aux pays industrialisés que les Américains défendaient) et à améliorer l'accès au marché dans un certain nombre de secteurs, y compris les assurances, les services financiers, les réseaux de distribution (automobile, pétrole, etc.) et de revoir les droits commerciaux. Ce compromis, qui devrait être validé par le groupe de travail compétent à l'OMC, donne à la Chine « une probabilité décente » de rejoindre les 141 membres du système commercial d'ici la fin de l'année, a précisé cette source à Washington, sous le couvert de l'anonymat.