Bruxelles, 18/06/2001 (Agence Europe) - Le Commissaire chargé de la concurrence, Mario Monti, a déploré les critiques et les conclusions hâtives de certains médias au sujet de l'attitude européenne à l'égard de la fusion entre General Electric et Honeywell et démenti catégoriquement les allégations selon lesquelles des raisons plus politiques seraient à l'origine d'un veto de ses services. « Ces critiques sont non seulement injustifiées mais également difficilement compréhensibles dans la mesure où aucune décision n'a encore été
prise (…). Je déplore les tentatives qui ont eu pour objectif de mal informer le public et de déclencher une intervention politique. C'est entièrement hors de propos dans une procédure antitrust et n'a aucun impact sur la Commission. C'est une question de droit et d'économie, pas de politique », a-t-il déclaré en substance. Le Commissaire a, par ailleurs, souligné que la Commission appliquait depuis dix ans les mêmes principes de base dans tous les cas de concurrence et ce sans exceptions, dans l'objectif fondamental de garantir aux consommateurs une large gamme de produits à des prix concurrentiels. « La nationalité des compagnies et les considérations politiques n'ont joué et ne joueront jamais aucun rôle dans l'examen d'un cas de fusion, ni dans le cas présent ni dans tous les autres », a-t-il asséné. La Commission a rappelé ses craintes de voir se réduire la concurrence dans les secteurs des moteurs et aérospatial dans le cas où GE et Honeywell fusionneraient (voir EUROPE du 15 et 16 juin, p. 9 et 12). Elle a indiqué qu'elle étudiait attentivement les préoccupations de plusieurs sociétés « des deux côtés de l'Atlantique », parmi lesquelles plusieurs entreprises américaines, tout en soulignant que Boeing et Airbus n'ont pas été particulièrement « actifs » au cours des auditions, comme certains médias l'avaient insinué. Le quotidien français « Le Monde » a ainsi publié dans son édition du week-end une interview de Harry Stonecipher, vice président de Boeing, dans laquelle ce dernier juge les propositions de GE tout à fait « raisonnables », laissant sous-entendre qu'Airbus tentait d'influencer la Commission dans sa décision: « Ce ne sont pas les compagnies aériennes qui s'opposent à la fusion, c'est Airbus. Si la Commission bloque ce projet, il se pourrait qu'il y ait des difficultés dans le domaine commercial. Les Etats-Unis ont approuvé cette fusion. Si l'Europe la refuse, que se passe-t-il ? Vous ne devenez pas vraiment des amis, non ? », a-t-il déclaré. Pour sa part, la Commission se dit surprise de la difficulté à trouver un compromis dans ce dossier, soulignant qu'il existait des pistes qui auraient pu être exploitées afin d'éviter tout désinvestissement supplémentaire dans le secteur aéronautique.