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Bulletin Quotidien Europe N° 7987
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/elargissement

Satisfaction générale des pays candidats après le Sommet de Göteborg

Göteborg, 18/06/2001 (Agence Europe) - La Pologne est très satisfaite des conclusions sur l'élargissement, a dit à la presse le Premier ministre Jerzy Buzek, car les chefs d'Etat et de gouvernement ont, pour la première fois, affirmé que leur « objectif » (et non seulement leur « espoir ») est de parvenir à la conclusion des négociations d'ici la fin 2002. Cela veut dire que l'UE est prête à maintenir le rythme des négociations et à se tenir strictement au calendrier ambitieux de la feuille de route ("road map"). M.Buzek a fait état de « progrès importants » dans la préparation interne pour l'adhésion (« la Commission européenne nous le confirme constamment») et a réitéré sa conviction que la Pologne sera parmi les candidats qui pourront conclure à la fin de l'année prochaine. « Nous faisons nos devoirs, nous n'aurons pas besoin de soutien politique », a souligné le Premier ministre, faisant allusion à la déclaration du chancelier allemand Gerhard Schröder qui a exclu toute forme de « rabais politique » (voir notre édition spéciale du 17 juin). Interrogé sur le risque pour la Pologne de n'être, éventuellement pas prête pour conclure les négociations fin 2002, Wladyslaw Bartoszewski, le ministre polonais des Affaires étrangères a répondu: « Nous avons toujours demandé une date butoir pour la fin des négociations. Maintenant que nous l'avons obtenue, ne commençons pas déjà à nous demander si on pourra la respecter ou pas ». M.Buzek a par ailleurs affirmé qu'il attendait de la Présidence belge de l'UE, au cours du second semestre de cette année, qu'elle entame déjà des négociations d'adhésion (ne fût-ce que préliminaires ou exploratoires) sur les dossiers « brûlants », tels que l'agriculture et la politique régionale, en dépit du fait que la « road map » prévoit qu'ils seront traités seulement au cours de la première moitié 2002, sous présidence espagnole.

A noter par ailleurs que M.Buzek a commencé sa conférence de presse avec, à ses côtés, le Premier ministre irlandais Bertie Ahern qui a « tenu à expliquer au gouvernement et au peuple polonais » que le rejet du Traité de Nice par le peuple irlandais « n'est pas dirigé contre l'élargissement ». « Je veux vous rassurer: l'Irlande et le peuple irlandais sont en faveur de l'élargissement », a notamment dit M.Ahern.

Le Premier ministre tchèque Milos Zeman s'est dit « très, très satisfait » du résultat du Sommet. Le signal donné par les Quinze n'est pas un « saut énorme », mais il prouve que l'UE veut faire des « progrès graduels » dans le processus. L'élargissement est désormais « irréversible, il n'y a pas de retour possible ». En outre, pour la première fois, l'UE ne parle pas seulement de la fin les négociations en 2002 en termes d'"espoir", mais comme un « objectif ». Cette nuance est « extrêmement importante » et son impact sur la dynamique des négociations ne doit pas être sous-estimée, a estimé M. Zeman. Le négociateur en chef de la République tchèque, Pavel Telicka, a même affirmé que pour lui la déclaration de Göteborg est un « engagement » de la part des Quinze que « nous pourrons participer aux élections de 2004 si nous sommes prêts ».

Le Premier ministre slovaque Mikulas Dzurinda a, lui aussi, estimé que « le gouvernement slovaque et le peuple slovaque peuvent être satisfaits » de la déclaration de Göteborg. « L'Union considère que l'élargissement est irréversible, et elle a établi des règles claires et des objectifs précis pour les deux prochaines années », a-t-il dit. Ceci devrait permettre à la Slovaquie de rattraper entièrement le retard qu'elle a pris au début du processus et de rejoindre l'UE avec le premier groupe de pays en 2004, a dit M.Dzurinda. « Nous serons prêts à finir nos négociations fin 2002 et à adhérer en 2004.

La Slovénie, par la bouche de son ministre des Affaires européennes Igor Bavcar, a favorablement accueilli la déclaration des Quinze. Pour lui, le cadre dessiné par les conclusions de Göteborg permettra à la Slovénie de maintenir le rythme soutenu dans les négociations et dans la fermeture de chapitres

Les Premiers ministres de Lettonie et de Lituanie, Andris Berzins et Rolandas Paksas, se sont tous les deux dits confiants que le « signal de Göteborg » donnera au processus de négociation une « dynamique supplémentaire » qui aboutira à un accélération des pourparlers. Les dates retenues par les Quinze (2002 pour la fin des négociations, 2004 pour l'adhésion) correspondent d'ailleurs avec le calendrier de préparation interne établi par le gouvernement letton, a dit M. Berzins.

« Je n'aurais jamais cru qu'une semaine puisse apporter tellement de joies », a déclaré le Premier ministre hongrois Viktor Orban, à l'issue du Sommet. « Cette semaine très fatigante mais très heureuse » a commencé pour la Hongrie avec la conclusion des négociations sur la liberté de circulation des travailleurs et des capitaux, avant de continuer par la prise en compte des quatre revendications hongroises pour les conclusions de Göteborg: - la réitération d'une avancée des négociations en fonction des mérites de chacun; - la confirmation que la feuille de route «est réaliste »; - l'affirmation que l'objectif est de conclure les négociations en 2002 avec les candidats les plus avancés; - le souhait de voir les premiers nouveaux membres participer aux élections au Parlement européen en 2004. Le soutien de l'ensemble de la classe politique hongroise, des syndicats et des employeurs joue son rôle dans ce succès, a souligné le Premier ministre hongrois.

Le président roumain Ion Ilescu s'est dit «très content des conclusions, qui soulignent le caractère irréversible de l'élargissement, ce qui est l'intérêt commun des Etats membres et des pays candidats ». Le Premier ministre estonien Mart Laar s'est lui aussi félicité des résultats du Sommet, en précisant toutefois qu'il attendait des Etats membres qu'ils annoncent clairement leurs positions de négociation. Son ministre des Affaires étrangères, Toomas Ilves, a souligné que l'Estonie attendait surtout des précisions sur les dispositions que chaque pays compte prendre quant à la libre circulation des travailleurs. « Je ne peux pas expliquer à la population estonienne pourquoi les ressortissants de pays qui ne sont pas membres de l'UE, comme la Norvège, pourraient travailler librement dans l'UE, alors que ce ne serait pas le cas pendant sept ans pour les nouveaux membres », a-t-il déclaré à la presse. « Les pays du groupe de Luxembourg sont décidés à continuer à travailler ensemble quoi qu'on dise », a-t-il aussi déclaré… «mais», a repris son Premier ministre, «cela ne signifie pas que nous sommes contre le principe du jugement de chacun selon ses propres mérites, à condition que les critères soient les mêmes pour tous».

M. Kassoulides: le message de Göteborg est beaucoup plus fort que celui de Nice

Le ministre chypriote des Affaires étrangères Ioannis Kassoulides, qui accompagnait le président Glafcos Clerides, a dit à EUROPE que le message de Göteborg était « beaucoup plus fort que celui de Nice », et que ceci « nous donne une responsabilité accrue » de parvenir à compléter les négociations pour la fin de 2002. M. Kassoulides a espéré que l'on puisse d'ici là progresser vers une solution de la question politique de Chypre, tout en ajoutant que, si la Turquie maintient sa position actuelle, il était confiant que Chypre pourra quand même adhérer à l'UE. Les manifestations violentes de Göteborg et le rejet de Nice par les Irlandais sont autant de symptômes d'une « sorte d'ignorance » de l'opinion publique concernant le fonctionnement de l'UE qui montrent qu'il faut, dans les pays membres comme dans les pays candidats, « faire attention à la volatilité » de cette opinion.

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