Bruxelles, 18/06/2001 (Agence Europe) - Dans un discours prononcé lundi à Bruxelles au Centre for European Policy Studies, Margot Wallström, Commissaire européenne responsable de l'environnement, s'est félicitée "du grand pas en avant pour le développement durable" effectué par les chefs d'Etat et de gouvernement lors du Sommet de Göteborg (voir EUROPE du 16 juin, p. 9). Le Bureau européen de l'environnement (BEE), qui représente les défenseurs de l'environnement au niveau européen, parle quant à lui de "premier pas modeste".
Pour Mme Wallström, la principale avancée du Sommet réside dans le fait que la dimension environnementale se trouve désormais sur pied d'égalité avec le développement économique et social dans le cadre du processus de Lisbonne. "Nos dirigeants ont reconnu que le développement économique, la cohésion (...) sociale et la protection de l'environnement doivent marcher la main dans la main", a-t-elle observé. La Commissaire s'est néanmoins déclarée quelque peu déçue du fait que les chefs d'Etat et de gouvernement n'aient pas avalisé les propositions spécifiques de la Commission comme, pour ne citer que cet exemple, celle de réduire chaque année de 1 % les gaz à effet de serre jusqu'en 2020 par rapport à leur niveau de 1990. Cette absence de décision sur les propositions de mesures concrètes est également déplorée par le BEE. Mais Mme Wallström se montre néanmoins moins critique, estimant que "les propositions concrètes présentées par la Commission restent sur la table, même si elles n'ont pas été spécifiquement avalisées dans les conclusions de Göteborg". Dans ce sens, Göteborg marque le début d'un processus, estime-t-elle, soulignant que le développement durable figurera désormais au menu de chaque Sommet européen de printemps. La Commissaire se réjouit par ailleurs de ce que l'internalisation des coûts environnementaux dans la formation des prix soit spécifiquement soulignée dans les conclusions du Sommet.
S'agissant des changements climatiques, Mme Wallström ne peut que constater le statu quo américain quant au protocole de Kyoto. Elle trouve néanmoins encourageants la volonté de l'UE et des Etats-Unis de continuer à travailler ensemble et l'engagement américain de ne pas empêcher les autres parties au protocole de Kyoto d'aller de l'avant dans la recherche d'un accord lors de la COP6 (conférence des parties à la convention sur le climat), qui se tiendra à Bonn en juillet.
Qualifiant les succès engrangés à Göteborg en matière de développement durable de modestes, le Bureau européen de l'environnement se montre également nuancé. L'inscription, pour la première fois, du développement durable en haut de l'agenda d'un Sommet et la décision prise de revenir chaque année sur ce thème lors du Sommet de printemps sont considérées comme positives, de même que la nécessité de fixer de "justes prix", c'est-à-dire des prix incluant les coûts environnementaux. En revanche, le BEE déplore que les Quinze n'aient pu se mettre d'accord sur des points essentiels tels que l'arrêt des subventions accordées à des projets nuisant à l'environnement, la fiscalité environnementale, la prise en compte de la dimension environnementale dans l'attribution des marchés publics, la responsabilité environnementale et l'adaptation des politiques communautaires de l'agriculture et de la pêche aux exigences du développement durable.