Bruxelles, 23/05/2001 (Agence Europe) - Les ministres de la Culture et de l'Audiovisuel de l'UE, lors de leur réunion informelle lundi et mardi à Falun, n'ont pas pu se mettre d'accord sur la proposition de la Présidence suédoise de renforcer la protection des enfants contre la publicité à la télévision. La Suède a été soutenue par certains Etats membres, mais sa proposition radicale d'interdire la publicité n'a pas passé la rampe. La présidente du Conseil Marita Ulvskog a déclaré que "dorénavant, la publicité pour enfants est clairement un sujet à l'agenda de la future révision de la directive télévision sans frontière" (de 1989). Pour la Commissaire Viviane Reding (qui n'était pas à Falun), "il est exclu que la Commission propose un jour l'interdiction ou le renforcement des règles de protection prévues dans la directive télévision sans frontière". Le débat est donc reporté à fin 2002. Par ailleurs, les Quinze ont réaffirmé leur volonté de défendre l'indépendance de la télévision publique face aux plaintes adressées à la Commission par les chaînes de télévisions privées. La Suède, qui interdit la publicité à destination des enfants de moins de 12 ans depuis 1991, n'a donc pas été suivie, mais le premier véritable débat sur la question mené à Falun a permis de clarifier certaines positions. Plusieurs Etats membres ont soutenu l'idée d'un renforcement des règles: le Danemark, la Belgique et les Pays-Bas, qui ont déjà des régimes limitant la publicité pour enfants. Ce soutien s'est accompagné de nuances, la Belgique, par exemple, a précisé que ce sujet ne devrait être traité qu'au moment de la révision de la directive. Christophe Forax, le porte-parole de Mme Reding, a précisé, pour sa part que "pour la Commission, la directive et les codes de conduite en application sont absolument suffisants". A plusieurs reprises, le lobby européen de l'industrie publicitaire (EGTA) s'est dit inquiet de voir disparaître un marché profitable, qui l'alimente à hauteur de 31 milliards d'euros.
A Falun, les Quinze ont aussi eu un débat sur les télévisions publiques durant lequel, a déclaré Marita Ulvskog, "ils ont convenu que les Etats membres ont le droit de définir au niveau national le financement de leur service public". Soumise à la pression des chaînes privées, qui jugent déloyal le financement mixte de chaînes publiques concurrentes, la Commission a l'intention de présenter en septembre un rapport répondant à ces inquiétudes. Christophe Forax a rappelé que "la Commission n'est pas opposée au financement mixte", et a averti que les aides d'Etat sont sa "compétence exclusive".
Les ministres ont enfin traité des questions culturelles dans le cadre de l'élargissement, en constatant que sur douze pays candidats qui ont démarré les négociations sur les chapitres media et culture, huit sont prêts, et que la Lituanie et la Lettonie ont finalisé les négociations.