Bruxelles, 08/05/2001 (Agence Europe) -Comme le président Bush l'avait promis dans son discours du ler mai sur la nouvelle pensée américaine en matière de stratégie, de dissuasion et de défense antimissile, une première consultation entre les Etats-Unis et les Alliés a eu lieu ce 8 mai, au siège de l'OTAN. Le sous-secrétaire d'Etat pour les Affaires politiques Marc Grossman et le Conseiller adjoint de la Sécurité nationale Steve Hadley ont présenté au Conseil permanent de l'OTAN cette nouvelle "pensée" sur l'avenir stratégique dans le monde du 21ème siècle.
La visite de la délégation américaine, a souligné devant la presse M. Grossman, avait comme premier objectif de décrire aux Alliés "la pensée" de la nouvelle Administration et d'écouter leurs réactions et suggestions, et de leur transmettre le message essentiel que "le monde de 2001 n'est plus le monde de 1972" (le traité ABM date de 1972: NDLR.). En fait, a noté le responsable américain, "la Russie n'est plus un ennemi", mais il y a le problème de "la prolifération des armes de destruction massive". Il faut donc réfléchir sur la façon de "traiter cette nouvelle menace". "Il ne s'agit pas seulement de défense antimissile", Washington croit à "la dissuasion et à la défense collective", mais il faut faire face aux nouvelles menaces", a-t-il ajouté.
Les Alliés "reconnaissent que le monde a changé, qu'il y a de nouvelles menaces", a estimé M. Grossman, soulignant que l'objectif est de "poursuivre le débat" sur "le nouveau cadre stratégique et sur la stabilité stratégique", débat qui exige des "efforts collectifs et globaux. Les ambassadeurs ont indiqué à la délégation américaine l'importance qu'ils attachent à des "consultations avec la Russie" sur toutes ces questions stratégiques, et M. Grossman a indiqué que MM. Hadley et Wolfowitz se rendront vendredi prochain à Moscou pour des consultations, et a rappelé que les secrétaires d'Etat et à la défense Powell et Rumsfeld seront en Europe pour les réunions de l'OTAN des mois de mai et de juin.
Immédiatement après la réunion avec la délégation américaine, Lord Robertson a salué cet exposé sur la défense antimissile et "de nouveaux concepts de dissuasion", estimant qu'il s'agit là "seulement du début d'un processus approfondi", et en appréciant l'engagement américain de consulter le Conseil de l'Atlantique Nord "avant que des décisions ne soient prises".
"Comme la délégation américaine l'a constaté clairement, dit Lord Robertson dans une déclaration, nous avons entamé un processus de réflexion, dans lequel nous ne nous limitons pas à échanger des informations, mais nous réfléchissons ensemble sur les nouveaux défis (...) et sur la manière de les traiter". La délégation a aussi souligné que les Etats-Unis sont engagés à renforcer la sécurité de tous les alliés", a dit le Secrétaire général, qui s'est félicité de la détermination des Etats-Unis à développer "un dialogue authentique avec d'autres parties concernées, notamment avec la Russie et la Chine".
La réunion d'aujourd'hui, a conclu Lord Robertson, montre la détermination de tous les membres de l'Alliance atlantique de travailler ensemble en vue de "trouver des réponses aux nouveaux risques et problèmes du 21ème siècle".