Bruxelles, 11/04/2001 (Agence Europe) - Le Conseil Affaires générales de lundi dernier à Luxembourg a adopté une décision sur la conclusion des consultations avec Fidji au titre de l'article 96 de l'Accord de Cotonou (clause de suspension en cas de violation des obligations découlant des éléments essentiels du partenariat ACP/UE: démocratie, droits de l'homme, Etat de droit). Ces consultations s'étaient déroulées en octobre dernier, suite aux événements qui, à partir du mois de mai, avaient entraîné la déposition du président Ratu Sir Kamisese Mara, la prise en otage et le remplacement illégal du gouvernement démocratiquement élu, et la mise en veilleuse de la Constitution de 1997 (voir EUROPE des 23/24 octobre, p.10).
Le Conseil, estimant que les événements à Fidji ont suivi un "cours généralement plus positif que le scénario qui se dégageait en octobre 2000", a décidé en particulier que, dès qu'auront eu lieu des élections libres et démocratiques et qu'un gouvernement légitime sera un place: - l'allocation de l'aide aux îles Fidji au titre du 9ème FED sera notifiée; - la mise en oeuvre de nouveaux programmes et projets au titre des 6ème, 7ème et 8ème FED pourra redémarrer. Quant aux projets en cours, ils seront mis en oeuvre comme prévu, dans le respect du "principe de la neutralité de l'aide de la Communauté dans la période précédant les élections", précise la décision. De même, les contributions de l'UE aux projets régionaux, aux opérations de nature humanitaire, la coopération commerciale et les préférence commerciales ne seront pas affectées, afin d'"assurer que les intérêts économiques des citoyens ordinaires de Fidji ne seront pas affectés".
L'UE, qui confirme sa volonté d'appuyer Fidji dans ses efforts pour revenir à la démocratie, indique qu'elle reverra sa décision dans six mois, et qu'elle continuera à suivre les événements, en particulier en ce qui concerne le respect du droit et le maintien de l'ordre, la campagne électorale, la formation d'un gouvernement légitime, et le procès que doivent subir George Speight (l'auteur du coup de mai dernier) et ses alliés.