Bruxelles, 11/04/2001 (Agence Europe) - Le tour du monde de la Troïka européenne pour trouver des alliances qui pourraient permettre la ratification du Protocole de Kyoto sur les changements climatiques, même sans les Américains (voir EUROPE d'hier, p.9), s'est achevé mercredi au Japon, sur un succès. De l'avis de Kjell Larsson, ministre suédois de l'Environnement, d'Olivier Deleuze, secrétaire d'Etat belge au développement durable et de Jos Delbeke, qui représentait la Commission européenne, les objectifs ont été atteints. Les autorités canadiennes, russes, iraniennes, chinoises et japonaises ont toutes témoigné du sérieux qu'elles accordent aux conclusions alarmantes du dernier panel intergouvernemental sur les changements climatiques, et de leurs vives préoccupations à l'égard de l'attitude des Etats-Unis qui ont unilatéralement proclamé la mort du Protocole après l'avoir pourtant signé. Tous ont considéré qu'avec les changements climatiques la communauté internationale est confrontée à un problème global qui appelle une réponse politique globale. Tous ont confirmé la nécessité de parvenir à un bon résultat à l'issue des négociations internationales qui doivent reprendre à Bonn, à la mi-juillet, sur les modalités de mise en œuvre du Protocole (reprise de la COP 6 après l'échec des négociations de La Haye).
La rencontre entre les parties au Protocole, qui aura lieu le 21 avril à New York, en marge de la commission du développement durable des Nations Unies, offrira une opportunité de reprendre le fil interrompu des discussions sur la base du nouveau paquet de compromis qui vient d'être envoyé à toutes les parties par Jan Pronk, ministre néerlandais de l'Environnement et président de la Cop 6. Déterminée à intensifier sa coopération avec tous les pays visités, l'Union réaffirme sa disponibilité à poursuivre le processus de ratification, avec ou sans les Américains, et compte sur le soutien des pays visités pour insuffler un nouvel élan aux négociations.
La probabilité que les Etats-Unis reviennent sur leur décision et se réengagent en faveur du Protocole de Kyoto a été évaluée de manière variable par les interlocuteurs de la Troïka. Il semblerait que le Japon, qui a dépêché une délégation aux Etats-Unis après le passage de la Troïka à Washington, aurait reçu des Américains un signal plus encourageant que les Européens.