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Bulletin Quotidien Europe N° 7944
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/pesc

La Commission a adopté sa communication sur la "prévention des conflits", en prevision du programme européen de prévention de Göteborg

Bruxelles, 11/04/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté mercredi une Communication sur la "prévention des conflits" qui propose de mieux utiliser les instruments de coopération existants pour contribuer à la stabilité des pays bénéficiaires. Une liste de recommandations est annexée à cette contribution de la Commission au programme européen pour la prévention des conflits qui devrait être adopté par le Sommet de Göteborg en juin prochain.

Le succès de la politique européenne de prévention dépendra de trois éléments, a souligné le Commissaire aux relations extérieures, Chris Patten, en présentant sa communication à la presse: "la définition d'objectifs clairs, la capacité d'action et la volonté politique d'agir". Mais, a-t-il insisté, "le résultat dépendra surtout de la volonté des Etats membres d'agir en commun dans une région donnée du monde". Pour l'UE, il s'agit de se doter "d'instruments qui correspondent davantage à sa capacité économique et à sa position de premier donneur d'aide mondial". "Si les Quinze agissent de concert, l'UE pourra être un grand acteur multinational", a espéré Chris Patten.

En pratique, la politique de prévention reposera sur quatre objectifs fondamentaux, a expliqué le Commissaire: 1) utiliser plus systématiquement et de manière plus coordonnée les instruments communautaires, notamment de coopération extérieure; 2) traiter plus efficacement les problèmes globaux, tels que le trafic illégal de drogue, de diamants ou d'armes légères, mais aussi la gestion de l'eau et d'autres questions environnementales; 3) développer la capacité de l'UE à réagir rapidement, notamment par le biais des mécanismes d'intervention rapide; 4) développer la coopération avec les grands partenaires internationaux de l'UE, comme les Etats-Unis et le Japon, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales.

La liste de recommandations précise concrètement quelles sont les lignes que la Commission compte suivre, par exemple en développant, dans ses "stratégies par pays", des indicateurs d'analyse des conflits potentiels, en créant un réseau entre la Commission et les Etats membres avec des "desks" par pays, en ciblant ses actions sur les processus électoraux, l'administration de la justice ou la formation policière, par exemple (EUROPE publiera dans sa série EUROPE/Documents ces recommandations).

"L'Union européenne n'est pas novice" en matière de prévention, a souligné le Commissaire, en mettant en avant notamment l'intervention européenne dans l'ancienne République yougoslave de Macédoine. "Si ce que nous avons fait à Skopje n'est pas de la prévention, alors je ne sais pas ce qu'est la prévention", a lancé Chris Patten. Il a également évoqué la participation des Européens au processus de paix en Colombie, dont le groupe de soutien se réunira le 30 avril à Bruxelles. "L'Espagne et la Commission ont apporté 100 millions d'euros pour soutenir le programme économique et social et l'éradication de la culture de drogue en Colombie", a-t-il rappelé.

Au Moyen-Orient, "notre rôle est d'assurer les modérés de notre soutien", a remarqué le Commissaire, en rappelant que l'UE a critiqué aussi bien l'usage de la violence que la politique d'implantation d'Israël. A plus long terme, "avec le Haut Représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana, je présenterai dans les prochaines semaines au Conseil des options politiques, comme l'a demandé le Sommet de Stockholm", a-t-il dit. En attendant, l'UE participe ce mercredi à la conférence des donateurs pour la Palestine qui se tient à Stockholm. Lors de la réunion du Conseil d'association UE/Israël qui se tiendra en mai, les Européens devraient appeler Israël à lever le blocus économique et financier vis-à-vis des Palestiniens, "qui aura en termes de sécurité le résultat opposé de celui attendu par le gouvernement israélien", a estimé Chris Patten.

En Corée, l'objectif de l'UE est de soutenir le processus de rapprochement entre le Nord et le Sud lancé par le président sud-coréen, Kim Dae-jung. "Il faut du temps pour rompre la glace, mais nous devons tout faire pour pousser au changement", a dit M. Patten. La Troïka européenne se rendra du 2 au 4 mai en Corée du Nord pour examiner notamment l'aide technique qui peut être apportée dans le domaine agricole ou de la gestion des forêts, a-t-il noté. "Je ne pense pas que ce que nous faisons puisse irriter en quoi que ce soit les Etats-Unis. Nous ne faisons rien d'extravagant, et c'est précisément le rôle du multilatéralisme que de permettre à plusieurs pays de chercher de concert une solution", a-t-il commenté, interrogé sur l'attitude américaine.

Interrogé sur les "économies" que l'UE pourrait faire en limitant les déplacements de ses représentants extérieurs, Chris Patten a rétorqué que " je me suis déplacé 50 fois, Javier Solana davantage, mais ce que nous faisons est précisément une économie d'échelle puisque nous effectuons le travail de quatre ou cinq personnes". Il a précisé qu'il y a "suffisamment de pain sur la planche" pour lui et le Haut Représentant.

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