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Bulletin Quotidien Europe N° 7944
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/uem

M. Reynders évoque les perspectives de croissance en 2001 (moins de 3%), le rôle de l'Eurogroupe, l'introduction de l'euro

Bruxelles, 11/04/2001 (Agence Europe) - Lors d'un échange de vues, ce mardi, avec la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, le président de l'Eurogroupe Didier Reynders a prévu une croissance de la zone euro entre 2,5% et 3% pour cette année. Il a dressé un tableau des préparatifs à l'introduction de la monnaie unique, qu'il voit comme le moment opportun pour favoriser l'intégration des marchés financiers européens, et a souhaité un renforcement de la coordination des politiques économiques et de la coopération informelle au sein de l'Eurogroupe. Les députés européens l'ont interrogé en particulier sur la coordination des politiques économiques et certains aspects pratiques de l'arrivée de l'euro.

M. Reynders a prévu, pour la première fois, une croissance allant de 2,5% à 3% pour 2001. "Historiquement, cela reste pour la zone euro une bonne croissance, mais qui nous préoccupe quand même en termes d'évolution", a-t-il déclaré. Et il a demandé à la Banque centrale européenne de "prendre ses responsabilités en matière de politique monétaire". M. Reynders a rappelé le credo de l'Eurogroupe selon lequel un euro fort doit être au service d'une croissance forte, et anticipant les inquiétudes des députés pour l'évolution en dent de scie de la monnaie européenne, il a souligné que "le taux de change de l'euro n'est pas la première préoccupation de l'Eurogroupe". Il a déploré que les citoyens européens soient mis chaque jour sous la pression de deux monnaies qu'ils n'ont pas en poche, l'euro et le dollar. "Il faudra s'habituer petit à petit à penser qu'un euro égale un euro, comme les Américains à propos du dollar", a-t-il affirmé. Quant au basculement vers l'euro, il a estimé que les grands opérateurs, comme les Etats ou les institutions financières sont bien préparés, alors qu'il demeure préoccupé par le retard des PME et des petits utilisateurs. Mme Randzio-Plath (sociale-démocrate allemande), présidente de la commission parlementaire, l'a interpellé sur le coût des opérations de change pour les citoyens, et M. Reynders a souhaité que l'opération reste neutre. Il a invité les Etats membres à donner l'exemple aux opérateurs et a cité le cas de la Belgique, dont les arrondis fiscaux se feront en faveur des contribuables. En outre, il a appelé les Etats membres à "respecter le plus possible la simultanéité des scénarios de basculement, même si le principe de subsidiarité reste la règle". Il a ajouté que des mesures de prévention seront prises pour l'échéance du 1er janvier, pour lutter contre le faux monnayage et pallier, grâce à un plan-catastrophe, à l'éventuelle défaillance d'un Etat. Nous disposerons d'un rapport mensuel sur les préparatifs à l'euro à partir de l'Ecofin informel de Malmö, et la préalimentation en pièces débutera avec le Sommet de Laeken des 14 et 15 décembre, a-t-il dit. Pour augmenter la visibilité de la monnaie unique sur la scène internationale, une des priorités de la Présidence belge sera d'encourager l'utilisation de l'euro sur les marchés financiers: M. Reynders suggère, par exemple, la cotation d'une série de matières premières, dont le pétrole, en euro. S'agissant du rôle de l'Eurogroupe, il souhaite davantage de coopération et de dialogue entre ses membres, et un renforcement de la coordination des politiques économiques et de la relation entre la Commission et l'Eurogroupe. Quant à la représentation extérieure de l'euro, il estime que, à long terme, une personne devrait jouer le rôle de Monsieur ou Madame Euro, à l'image de ce que fait Javier Solana pour la politique étrangère. Pour améliorer la structure de décision, il privilégie un système qui, par exemple, donne à l'Eurogroupe l'opportunité de discuter des documents ou les recommandations de la Commission sur la politique économique individuelle des Etats membres avant que ce texte soit envoyé à l'Ecofin.

Pierre Jonckheer (Verts, belge) a estimé, à l'instar de M. Reynders, qu'il faut éviter de dramatiser le passage à l'euro, alors qu'il s'est montré préoccupé par la place de l'euro sur les marchés des capitaux. M. Jonckeer a déploré que "la réalité soit loin d'un monde multipolaire", et a invité le Conseil Ecofin à prendre des initiatives précises pour renforcer la visibilité de l'euro. En outre, il a insisté afin que soient prises des mesures adéquates pour relever le potentiel de croissance, signalant que "nous sommes encore très loin d'une répartition optimale entre les salaires", et que ce déséquilibre ralentit ce potentiel". Le débat sur la répartition des richesses est "devant nous", a répondu M. Reynders. Il a rappelé qu'il œuvre à la relance des discussions avec les pays tiers sur la fiscalité de l'épargne et que sa prédilection va à une harmonisation fiscale dans le sens d'un minimum d'impôt appliqué partout. Othmar Karas (ÖVP, autrichien) a invité le Parlement européen à participer davantage au débat, pour que l'euro ne soit pas la chasse gardée des ministres des Finances. Thomas Mann (CDU) a encouragé M. Reynders à développer l'information, soulignant qu'elle est plus difficile à gérer dans les grands pays. Le travailliste britannique Richard Corbett s'est inquiété du glissement de la politique économique et monétaire vers l'intergouvernemental, "ce qui est inquiétant de la part d'un Belge", a-t-il dit. Remerciant le député pour "la leçon de modestie", M. Reynders a répondu que la Commission sera le représentant idéal de l'euro, le jour où la problématique de la représentativité au sens large sera résolue. Mme Bordes (élue de Lutte ouvrière) a interpellé M. Reynders sur "le message qu'il compte faire passer aux couches populaires, alors que les salaires sont tirés vers le bas". Le président de l'Eurogroupe a répliqué en rappelant les mesures nationales prises par les Etats membres pour renforcer la situation des travailleurs, telles que le crédit d'impôt proposé par Tony Blair.

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