Bruxelles, 30/03/2001 (Agence Europe) - Neuf organisations de défense des droits de l'homme ont envoyé une lettre ouverte à Javier Solana, à Chris Patten et aux ministres des Affaires étrangères de l'UE en demandant à l'Union européenne de poser concrètement le problème de la détérioration de la situation des droits de l'homme en Tunisie depuis la signature, il y a six ans, de l'Accord d'association entre ce pays et l'UE. Parmi ces organisations figurent Amnesty International, Avocats sans Frontières, l'Euro-Mediterranean Human Rights Network, la Fédération internationale des droits de l'homme et Human Rights Watch.
Selon les organisations, c'est "le moment ou jamais" pour l'UE de faire pression sur la Tunisie, en vertu de la clause "droits de l'homme" de l'accord d'association (l'article 2 de l'accord: NDLR). Ces organisations croient savoir qu'une réunion du Conseil d'association UE/Tunisie devait être convoquée début avril mais qu'elle serait reportée, sous la pression des Tunisiens. Ceci n'est confirmé ni par le Conseil de l'UE ni par la Commission européenne, ni de source tunisienne. La Tunisie se demande en même temps pourquoi elle est ainsi pointée du doigt alors que, dit-elle, elle se distingue dans la région par une relative prospérité et la stabilité et la sécurité intérieure. Cependant, les Quinze, et le Parlement européen, ont souhaité à plusieurs reprises que les autorités tunisiennes permettent des ouvertures démocratiques concrètes et significatives, notamment en matière de liberté de presse et d'association, tout en relevant certains pas dans la bonne direction. L'UE privilégierait ainsi l'encouragement à progresser dans cette voie plutôt qu'une sanction.