Bruxelles, 30/03/2001 (Agence Europe) - La Troïka Justice/Affaires intérieures de l'UE, composée de la ministre suédoise de l'Immigration et de la politique d'asile Maj-Inger Klingvall, du ministre de l'Intérieur belge Antoine Duquesne et du Commissaire européen Antonio Vitorino (voir EUROPE du 28 mars p.11), a signé le 28 mars à Sarajevo avec les représentants ministériels de cinq pays des Balkans (Bosnie-Herzégovine, Albanie, Croatie, Macédoine et République fédérale de Yougoslavie) une déclaration commune sur la lutte contre l'immigration clandestine et le trafic d'êtres humains via la "route des Balkans". Dans cette déclaration, les ministres des cinq Etats des Balkans ont "reconnu l'importance capitale de la coopération régionale et du renforcement mutuel des contrôles, avec le soutien de l'UE" et ont considéré comme "une importante contribution l'initiative de l'UE d'établir un réseau formel d'agents de liaison européens pour l'immigration dans la région chargés en particulier d'identifier au niveau local les syndicats du crime qui organisent les flux d'immigration illégale". Et ils s'engagent à: 1) adopter des normes et procédures en matière d'asile qui correspondent à celles en vigueur au sein de l'Union; 2) garantir un traitement humain et non discriminatoire aux ressortissants étrangers en séjour légal sur leur territoire; 3) améliorer la coopération entre signataires et avec les pays tiers dont proviennent les immigrants clandestins et les victimes du trafic d'êtres humains; 4) améliorer la coopération entre signataires en matière de contrôles frontaliers; 5) aligner les procédures d'octroi de visa sur les règles de l'Union.
La déclaration finale rappelle que cette rencontre se situait dans les suites de la déclaration du Sommet de Zagreb du 24 novembre 2000, qui indique que la coopération entre l'UE et les pays de la région portera sur le droit d'asile, l'immigration légale et illégale, le contrôle des frontières et la politique des visas.
Par ailleurs, la Troïka a rencontré les représentants des Nations Unies et de la Force de Police spéciale de l'ONU (IPTF) en Bosnie, qui ont notamment souligné que "la Bosnie était devenue à la fois une destination, un point de départ et un pays de passage pour le trafic des jeunes femmes contraintes à la prostitution". Et Mme Klingvall de conclure à l'issue de ces entretiens qu'"aucune date n'était fixée pour la mise en oeuvre de la coopération UE/pays balkaniques" mais qu'il "est réellement dans l'intérêt des pays participants de presser le pas!".