Strasbourg, 14/03/2001 (Agence Europe) - Le président de la commission de la culture du PE, Giuseppe Gargani (Forza Italia), a interrogé la Commission européenne sur sa stratégie d'information et de communication. M. Gargani a souligné que le « grand public » n'est guère au fait des activités de l'UE et a regretté que «le Conseil ne semble pas être très conscient des effets défavorables du manque d'efficacité des activités menées dans le domaine de l'information et de la communication ». Il a demandé à la Commission: - quand elle présentera sa communication sur la politique d'information; - comment elle va tenir compte de l'évolution des technologies; - si elle compte associer des experts et des professionnels; - si elle tiendra compte des principes de décentralisation et de responsabilité commune des institutions. Lors d'un bref débat, plusieurs députés ont, à l'instar de la démocrate-chrétienne allemande Doris Pack, critiqué l'apathie de la Commission. EUROPE rappelle que, lors de la procédure budgétaire, le Parlement a mis dans la réserve une partie des fonds destinés à la politique d'information et de communication en attendant une réorganisation des services concernés et l'adoption d'une véritable stratégie.
Mario Monti a indiqué que la Commission présentera sa communication sur la politique d'information au début de l'été, et qu'elle tient compte de l'évolution des technologies de l'information, comme le prouve le regroupement de tous les instruments au sein d'une seule direction générale, la réduction des publications sur papier et la modernisation de ses sites Internet. La Commission a aussi pris le parti d'associer des professionnels ainsi que les citoyens aux actions de communications thématiques, comme celles sur l'élargissement ou l'euro. Les citoyens ont été consultés dans le cadre des « dialogues sur l'Europe » organisés pendant la Conférence intergouvernementale et qui seront intensifiés lors du débat sur « l'avenir de l'Europe ». M. Monti a rappelé que la Commission dispose actuellement de 90 millions d'euros pour cette politique, c'est-à-dire l'équivalent d'un journal par habitant et par an. Cet effort doit être complété par les Etats membres, a dit M. Monti, en notant que « l'Europe n'est pas Bruxelles », et que « la décentralisation est un élément essentiel ». Sur le plan interne, l'adoption formelle d'un nouvel organigramme pour le service de presse est liée à la nomination d'un Commissaire chargé par le Président de suivre le dossier et cette nomination, "qui n'est pas chose facile pour une Commission en cours de mandat, devrait intervenir au plus vite ». L'opération de transfert de la DG Education et Culture à la DG Presse s'accompagne du transfert de 104 personnes, a rappelé M. Monti, qui a reconnu que ce transfert « pose évidemment quelques problèmes logistiques qui seront résolus avant l'été ». « Concernant les aspects financiers, la Commisssion estime que la coopération avec le Parlement, qui avait certes besoin d'être développée au début des années 1990, a atteint une maturité dans l'ensemble satisfaisante », a dit le Commissaire avant d'ajouter: « Permettez moi de noter que le Parlement devrait peut-être réfléchir au fait que, par le biais de ses réserves politiques sur les lignes budgétaires, c'est l'information des citoyens qui est prise en otage, en fait, et non pas la Commission en tant que telle ».
En adoptant une résolution de Giuseppe Gargani, le PE demande à la Commission d'adopter dans les meilleurs délais sa communication relative à la stratégie d'information. Il invite toutes les institutions de l'UE à coordonner leurs activités et à mettre l'accent sur des groupes cibles, notamment les jeunes, et invite les Etats membres à améliorer l'information et la communication sur les questions européennes qui touchent les citoyens dans leur vie quotidienne et à renforcer la synergie avec les institutions de l'UE. Le PE demande aussi l'organisation de campagnes d'information sur les enjeux de l'élargissement.