Bruxelles, 14/03/2001 (Agence Europe) - A quatre mois de la reprise des négociations internationales sur les changements climatiques (COP 6, Bonn, juillet prochain), les déclarations du Président américain George W. Bush annonçant qu'il renonce à imposer aux fournisseurs d'énergie des réductions obligatoires de leurs émissions de CO2 au motif qu'elles ne constituent pas un polluant selon la loi américaine sur la qualité de l'air ont suscité l'inquiétude de Margot Wallström, Commissaire européenne à l'Environnement, et l'indignation de l'organisation de défense de l'environnement Greenpeace.
Dans un communiqué publié ce mercredi, Margot Wallström déclare: " Je suis préoccupée par les déclarations du Président Bush selon lesquelles il faut approfondir la recherche sur les causes des changements climatiques avant de pouvoir identifier les solutions à apporter au phénomène. Le panel intergouvernemental sur les changements climatiques (IPCC) a confirmé une fois de plus l'existence de preuves scientifiques expliquant les causes des changements climatiques et l'urgence d'y remédier. Personne ne peut ignorer ces mises en garde. Quoi qu'il en soit, nous poursuivrons bien sûr le dialogue avec les Etats-Unis et verrons quelles seront les implications de ces déclarations de M. Bush. Quant à savoir s'il convient ou non d' imposer aux centrales électriques américaines l'obligation de réduire leurs émissions de CO2, c'est à chaque pays de décider des moyens de réduire ses émissions". Les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre souscrits par les pays industrialisés au titre du Protocole de Kyoto lient ces pays quant aux résultats, mais non quant aux moyens, a précisé ce mercredi la porte-parole de la Commissaire.
Greenpeace, pour sa part, se déclare "choqué par la décision abrupte du président américain de rompre avec les promesses qu'il avait faites, pendant sa campagne électorale, d'imposer aux centrales électriques américaines une réduction des émissions de CO2", engagement, souligne Greenpeace, que Christine Whitman, présidente de l'Agence américaine de protection de l'Environnement, venait juste de réitérer au sommet "environnement" du G8 à Trieste (Italie). Selon Greenpeace, Mme Whitman avait donné l'impression aux participants que la nouvelle administration américaine comptait s'attaquer avec sérieux aux changements climatiques, et avait explicitement mentionné les limitations à imposer aux centrales électriques comme un engagement des Etats-Unis à prendre des mesures nationales pour combattre les changements climatiques.
Greenpeace souligne que ce revirement du Président Bush renforce la nécessité, pour l'Union européenne et les autres parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, de redoubler d'efforts pour ratifier le Protocole de Kyoto.