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Bulletin Quotidien Europe N° 7899
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bananes

à Genève, tous les pays fournisseurs de bananes ont contesté le nouveau régime d'importation de l'UE

Bruxelles/Genève, 08/02/2001 (Agence Europe) - Tous les pays fournisseurs de bananes sont contre le nouveau régime d'importation dont l'Union s'est dotée en vue de mettre un terme définitif à un différend qui n'a que trop duré, a indiqué le représentant de la Commission à Genève, Carlo Trojan, lors de la dernière réunion de l'instance de règlement des différends de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). "Nous avons au moins là un consensus: personne n'est content", a-t-il ajouté.

M.Trojan avait annoncé à ses 140 homologues l'adoption et la parution imminente au Journal Officiel (voir JO n°L31) des nouvelles règles adoptées le 29 janvier dernier, prévoyant une réforme en deux volets fondée dans un premier temps sur la mise en oeuvre d'un mécanisme de gestion des contingents de type "1er arrivé, 1er servi", jusqu'à l'avènement d'un système exclusivement tarifaire en 2006. Vu que les pays concernés n'arrivent pas à s'entendre sur une solution (c'est là, a-t-il dit, la racine du problème), celle arrêtée le 29 janvier dernier présente, selon lui, le triple avantage d'être compatible avec le droit international, non discriminatoire, transparente et directe. Un avis que personne autour de la table n'a partagé.

L'Equateur, dont la première réaction était plutôt favorable, a rejoint le concert de critiques, en disant entretenir "de nombreux doutes que la CE n'a pas encore dissipé". L'Union est toujours très loin d'avoir respecté ses obligations, a estimé son ambassadeur à Genève. Son homologue des Honduras, profondément mécontent, a catégoriquement rejeté une réforme qu'il lui semble illégale, discriminatoire selon l'origine de bananes, porteuse de ruine et de désastre dans les pays dépendant fortement de cette production et, globalement, bien pire que le régime qu'elle est censée amender. C'est une solution incompatible avec les règles de l'OMC, de surcroît unilatéralement imposée, a renchéri l'Ambassadeur du Guatemala. Même tonalité chez les Panaméens qui ont regretté l'absence d'écho à leurs maintes protestations et ont déjà menacé à d'autres occasions de recourir à la procédure de règlement des différends. Pour le Costa Rica, le nouveau régime pénalisera encore plus que le précédent les producteurs les plus efficaces. La Colombie appréhende quant à elle un contrecoup social et économique, ainsi que l'impact sur le prix de la banane, et promet de vérifier la légalité du droit de douane élevé destiné à procurer un avantage tarifaire aux bananes ACP (300 euros la tonne dans le cadre du quota C). Ce régime est de toute façon discriminatoire, surtout au détriment des pays ayant des capacités logistiques limitées, a estimé son ambassadeur. Les Jamaïcains craignent pour leur part que l'Union ne soit plus en mesure de respecter son engagement à maintenir le débouché crucial que son marché représente pour les bananes des ACP, avec toutes les conséquences économiques et sociales que cela impliquerait. Les intérêts des économies les plus vulnérables méritent une plus large considération, car la perte du débouché européen serait une véritable catastrophe pour ces pays, a renchéri le représentant de Ste Lucie, qui s'exprimait également au nom de la Dominique. L'émissaire de Washington a quant lui surtout souligné l'absence d'accord transatlantique sur la question.

Rappelons que le système de gestion des contingents fondé sur le principe de "1er arrivé, 1er servi" doit entrer en vigueur le 1er avril prochain. Il est cependant prévu que la Commission européenne puisse reporter cette échéance au 1er juillet, au plus tard, "si cela s'avère nécessaire".

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