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Bulletin Quotidien Europe N° 7886
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/femmes

Le PE demande une représentation équilibrée dans tous les domaines politiques - Divergences sur l'opportunité des quotas

Strasbourg, 22/01/2001 (Agence Europe) - Le Parlement européen a suivi le rapporteur de la commission des droits de la femme, la socialiste grecque Anna Karamanou, en demandant que la représentation des femmes dans tous les domaines politiques, au niveau national et international, ne soit pas inférieure à 40%. Le groupe du PPE était contre l'inscription de ce pourcentage, mais une majorité assez étroite (281 pour, l99 contre et l8 abstentions) s'est prononcée pour le texte original. Il en va de même pour le paragraphe qui demande aux gouvernements d'analyser l'impact différentiel des systèmes électoraux sur la représentation politique et d'encourager l'adoption de systèmes de quotas au sein des partis politiques. La résolution a été adoptée avec 341 voix pour, 134 contre et 23 abstentions. Le Parlement demande aussi d'associer les hommes aux efforts déployés pour accroître l'égalité, et réclame un amendement au traité, lors de la prochaine CIG, pour assurer l'égalité dans la vie publique (voir rapport Karamanou dans EUROPE du l3 janvier, page 14).

C'est le système des quotas au sein des partis politiques qui était au coeur du débat: la gauche le veut et l'applique dans certains pays, les conservateurs s'y opposent la plupart du temps. Le chrétien-démocrate allemand Thomas Mann a affirmé que les quotas ne peuvent être imposés par les gouvernements, et Astrid Lulling, démocrate-chrétienne luxembourgeoise, est aussi contre les quotas. En revanche, la Belge Miet Smet, elle aussi membre du PPE, a défendu le système: il est pratique, il fonctionne bien, et ne concerne pas uniquement les femmes (elle a cité le cas de son pays, la Belgique, où les quotas s'appliquent aux communautés linguistiques). Mon pays a choisi les quotas, a dit la présidente de la commission des droits de la femme, la sociale-démocrate suédoise Maj Britt Theorin, et on y compte 50% des femmes au gouvernement et 44% au Parlement. Les trois Etats membres qui ont un système plus égalitaire devraient servir de modèle pour les autres, affirme Mme Theorin, qui plaide pour un programme d'action assorti d'un calendrier précis. L'égalité totale n'existe nulle part, reconnaît la libérale danoise Lone Dybkjaer (mais dans mon pays 9 femmes sont au gouvernement, et une femme est ministre des Finances, a rappelé la femme du premier ministre danois), et des initiatives différenciées s'imposent selon les pays. Dans mon pays, il n'y a même pas l0% de femmes au Parlement, s'est exclamée Geneviève Fraisse, élue indépendante française du groupe de la Gauche unitaire: on peut ne pas aimer le système des quotas, a constaté Mme Fraisse, mais l'histoire de l'humanité montre qu'il est impossible de "produire" de l'égalité sans contrainte.

Un des centres de décision les plus importants pour l'avenir de nous tous est la famille, a affirmé la Commissaire européenne Anna Diamantopoulou: il faut donc donner plus de chances aux femmes dans la vie publique et, parallèlement, encourager le rôle des hommes dans le cadre familial. Ce sont là des changements de société qui doivent être accompagnés par la modification des systèmes électoraux, des mesures positives, le soutien au rôle des femmes sur la scène internationale, pour qu'elles servent d'exemple aux générations futures. Faut-il des quotas? L'expérience montre, a dit la Commissaire, que ce sont les pays qui ont pris les mesures que j'ai évoquées, peut-être sans établir des quotas mais en se fixant des objectifs chiffrés, qui ont obtenu les meilleurs résultats en matière d'égalité.

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