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Bulletin Quotidien Europe N° 7886
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/elargissement

Pays candidats et Etats membres doivent respecter leurs engagements pour respecter l'agenda "ambitieux" de la présidence, souligne M.Landaburu - Contre des "target dates" prématurées et irréalistes

Bruxelles, 22/01/2001 (Agence Europe) - Le Directeur général de la Commission européenne et négociateur en chef pour les négociations d'adhésion, Eneko Landaburu, a lancé un appel aux pays candidats et aux Etats membres pour qu'ils tiennent leurs engagements respectifs pris dans le cadre du processus d'élargissement, afin de réaliser le programme de travail "ambitieux" de la Présidence suédoise. Le défi est "énorme" pour tout le monde, en premier lieu pour les candidats eux-mêmes, et "il faut qu'ils commencent à bouger", a dit M.Landaburu dans une interview accordée à Uniting Europe (No 128 du 22 janvier), l'hebdomadaire spécialisé de l'Agence EUROPE sur l'élargissement. "Ils ne peuvent pas se contenter d'envoyer à Bruxelles des papiers (positions de négociations) généraux demandant des périodes transitoires. Il faut qu'ils nous démontrent aussi qu'ils sont non seulement capables de transposer l'acquis, mais qu'ils sont aussi capables de le mettre en oeuvre", a souligné M.Landaburu. Les Etats membres doivent faire des efforts, car ils devront adopter des positions communes de négociation, au moins sur les neuf chapitres cités dans la feuille de route (road map) contenue dans la stratégie. Quant à la Commission, elle continuera à "jouer son rôle de moteur" dans le processus d'élargissement, même si l'intensification des négociations au cours des prochains mois (avec un nombre, jamais atteint jusqu'ici, de chapitres à traiter ou à ouvrir) représente une charge de travail supplémentaire considérable pour ses services. Au total, au cours de la Présidence suédoise, la Commission devra ainsi soumettre au Conseil quelque 150 projets de positions communes de négociation. Nous avons dit à la Présidence suédoise que la Commission ne pourrait faire ce travail énorme que si les pays candidats étaient en mesure de soumettre des papiers (positions de négociation) d'une qualité suffisante", a insisté le Directeur général.

Le négociateur en chef de l'UE a, par ailleurs, refusé de spéculer sur le nombre de chapitres qui pourraient être clos au cours de la Présidence suédoise. Entre-temps, la Pologne a déclaré qu'elle souhaitait clôturer pas moins de 11 chapitres sous Présidence suédoise. "Ce que les Polonais souhaitent est trop ambitieux et quelque peu irréaliste. Fermer 11 chapitres me semble être très difficile", a estimé M.Landaburu. Si la Pologne et les autres pays du premier groupe ("groupe de Luxembourg": Hongrie, Pologne, Estonie, Slovénie, République tchèque, Chypre) se sont fixé comme objectif de terminer les négociations en 2001, "c'est leur choix, c'est eux-mêmes qui se fixent des contraintes", a-t-il dit, en ajoutant: mais qu'ils ne rendent pas d'autres responsables si leurs propres objectifs individuels ne sont pas atteints.

M.Landaburu a aussi appuyé la décision de la Présidence suédoise de ne pas ouvrir tous les chapitres restants avec l'ensemble des six pays candidats du "groupe de Helsinki" (ceux qui ont ouvert les négociations seulement en 2000), mais seulement avec deux d'entre eux: Lettonie et Lituanie. "Il ne sert à rien d'ouvrir trop tôt les négociations sur certains chapitres. Au moment de l'ouverture, nous voulons être en mesure de voir, dans un délai raisonnable, la fin des négociations (...) C'est pourquoi nous ne sommes pas prêts à ouvrir des chapitres qui n'auront aucune chance d'être clos dans un délai raisonnable. Nous ne serons crédibles que si nous proposons des objectifs qui sont atteignables", a réaffirmé M.Landaburu.

Le négociateur en chef de l'UE a aussi réitéré son opposition à l'égard d'une fixation prématurée et hâtive de dates butoirs ("target dates") pour la finalisation des négociations d'adhésion, comme le souhaitent depuis longtemps les candidats les plus avancés. "Je suis très sceptique quant à l'utilité d'une date pour le processus de l'élargissement, parce que la fixation d'une date -tout en étant peut-être positive car stimulante- peut aussi être très négative". "Si on ne la respecte pas, elle crée d'énormes frustrations", a mis en garde M.Landaburu, qui refuse aussi l'argument selon lequel une date pourrait mobiliser davantage d'efforts dans les pays candidats pour accélérer les réformes. "Les esprits et les gens sont mobilisés. On n'a pas besoin de les stimuler davantage, pour l'instant", a-t-il dit. Des "target dates" pourraient, en revanche, être définies lorsque les négociations auront atteint un stade plus avancé. "Nous restons ouverts pour l'avenir. Peut-être la différenciation dans les négociations nous permettra-t-elle de fixer des dates à la fin de la Présidence suédoise ou à la fin de la Présidence belge", a commenté M. Landaburu.

D'une manière générale, M.Landaburu a souligné que la Commission ne ferait pas obstacle à une accélération des négociations. "Au contraire: du côté de la Commission, il y a une très grande volonté d'accélérer le processus. La Commission a déjà démontré par la stratégie proposée en novembre dernier et qui a été unanimement approuvée par les Quinze qu'elle était capable d'être un moteur dans le processus d'élargissement, un moteur qui nous a permis de sortir de l'impasse (…) et qui nous permet d'envisager l'avenir avec plus d'optimisme", a conclu M.Landaburu.

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