New York, 02/11/2000 (Agence Europe) - Le 1er novembre, la République fédérale de Yougoslavie du président Kostunica a été admise aux Nations Unies; l'Assemblée générale a adopté sans vote, par acclamation, la résolution sur son admission, et Goran Svilanovic¸ envoyé spécial du président yougoslave (et candidat au poste de ministre des Affaires étrangères) a pris sa place dans l'hémicycle. En rappelant les morts des dernières guerres des Balkans, M.Svilanovic, qui avait à côté de lui le Secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, a dit: "Des dizaines de milliers de gens sont morts pour les grands principes qu'ils portaient dans leur coeur. Beaucoup trop parmi eux n'ont pas vécu assez longtemps pour assister à ce moment historique". Rappelons qu'en 1992, l'Assemblée générale avait décidé que ce qui restait de l'ancienne Yougoslavie (la Serbie et le Monténégro) après la sécession de quatre autres républiques ne pouvait pas continuer à être un Etat membre de l'Onu, et que la Rfy devait demander d'adhérer en tant que nouvelle entité.
C'est l'ambassadeur Jean-David Levitte, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, qui a présenté le projet de résolution proposant l'admission de la République fédérale de Yougoslavie à l'Onu, en précisant devant l'Assemblée générale qu'il le faisait non seulement au nom de l'UE mais aussi des pays associés d'Europe centrale et orientale, de Chypre, de Malte et de la Turquie, de la Norvège, de l'Islande et du Liechtenstein, et de 70 autres pays co-parrains. L'ambassadeur Levitte a déclaré:
"Le 24 septembre dernier, le peuple yougoslave a fait le choix de la démocratie. Ce choix, effectué dans des conditions particulièrement difficiles, lui a valu l'admiration de la communauté internationale unanime. Ce choix aura des effets positifs pour la région tout entière. En demandant aujourd'hui l'admission de la Rfy aux Nations Unies le président Kostunica confirme sa volonté de rompre avec la politique sans issue dans laquelle le régime Milosevic s'était enfermé. Il confirme la pleine adhésion de son pays aux principes et valeurs de notre Charte. Le président Kostunica accomplit ici, aujourd'hui, la démarche que nous attendions tous. Une parenthèse de huit ans va pouvoir se refermer. Avec une fierté légitime, le peuple yougoslave va pouvoir prendre toute la place qui lui revient dans le concert des nations. Ce soir, les premiers mots de notre Charte, "Nous, les peuples des Nations Unies", vont prendre encore davantage de sens. Ce soir, c'est aussi un pas important qui va être fait vers la réconciliation, la stabilité et la paix dans une région marquée par tant d'épreuves. Les pays de l'Union européenne se sont impliqués avec détermination dans l'événement historique que nous vivons aujourd'hui. Ils l'ont fait parce que le président Kostunica et le peuple yougoslave ont pris tous les risques pour que triomphent la démocratie et le respect du droit. Et parce qu'en faisant vivre nos valeurs communes, le peuple yougoslave s'est ouvert le chemin vers sa famille: l'Union européenne. En adoptant par consensus ce projet de résolution, notre Assemblée générale adresserait au peuple yougoslave et à ses nouveaux dirigeants un message unanime d'amitié et d'espoir. Elle leur adresserait le salut fraternel et les voeux les plus chaleureux de pleine réussite que forment ensemble tous les Etats rassemblés dans cette salle. Bienvenue à la République fédérale de Yougoslavie au sein des Nations Unies !".