Bruxelles, 09/10/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne et douze des treize pays candidats à l'adhésion -la Pologne devrait suivre bientôt- ont achevé lundi les négociations en vue de la participation dans l'Agence Européenne de l'Environnement (AEE). Après ratification des accords d'adhésion, les douze pays devraient formellement rejoindre l'AEE le 1er janvier 2001. L'AEE, qui a son siège à Copenhague, devient ainsi la première agence officielle de l'UE à s'ouvrir aux pays candidats avant même que ceux-ci aient adhéré à l'UE. "C'est un moment historique dans le processus d'élargissement", a commenté la commissaire à l'environnement, Margot Wallström, lundi à l'issue de la sixième réunion informelle de la Commission avec les ministres de l'Environnement de Hongrie, Pologne, République tchèque, Estonie, Slovénie, Chypre, Bulgarie, Slovaquie, Roumanie, Lettonie, Lituanie, Turquie et Malte. Dominique Voynet, ministre français et présidente du Conseil Environnement, était également présente. Selon Mme Wallström, la participation à part entière à l'AEE permettra aux gouvernements des pays candidats d'être encore mieux informés et de recevoir une certaine assistance technique en vue de réussir le "défi énorme" d'adopter et d'appliquer correctement, dans les années qui viennent, l'ensemble de l'acquis communautaire dans le domaine de l'environnement. Devant la presse, Mme Wallström a réitéré l'importance que la Commission et l'UE attachent à l'environnement dans le cadre des négociations d'adhésion. Les pays candidats font des progrès, mais les efforts entrepris jusqu'ici sont loin d'être suffisants, a-t-elle souligné. Selon la Commissaire, en moyenne, seulement les 30% de l'acquis ont été repris jusqu'ici par les candidats. Des périodes transitoires seront sans doute nécessaires, surtout dans le traitement des déchets ou des eaux usées où d'importants investissements seront nécessaires et qui prendront de longues années de réalisation. Mais, a précisé Mme Voynet, les périodes transitoires devront être aussi courtes que possible, suffisamment justifiées et, en outre, elles ne doivent pas fausser la concurrence ou le fonctionnement du marché intérieur. Les périodes transitoires demandées jusqu'ici par les candidats vont de 2 à 14 ans.
A ce stade, les négociations sur le chapitre "environnement" sont ouvertes avec tous les six pays du groupe de Luxembourg (Pologne, Hongrie, République tchèque, Estonie, Slovénie et Chypre), mais aucune négociation substantielle n'a encore eu lieu. A fortiori, aucune demande de période transitoire de la part des candidats n'a encore été discutée à fond. L'environnement étant l'un des chapitres "sensibles", les négociations ne vont pas véritablement démarrer avant le début de 2001, une fois que les Quinze auront politiquement convenu dans quels domaines ils peuvent accorder des dérogations temporaires, à qui et pour combien de temps. La présidence de l'UE souhaite qu'un débat politique de fond (non seulement dans le domaine de l'environnement, mais aussi sur l'agriculture, la libre circulation des personnes, la politique régionale, la justice et les affaires intérieures, le budget, etc.) ait lieu avant la fin de l'année, et que les positions de l'UE soient approuvées au Sommet de Nice en décembre, de manière à permettre de véritables négociations substantielles dès le début de l'année prochaine.
Prix de l'environnement pour des villes dans les pays candidats
La commissaire Wallström a remis les prix annuels de l'environnement ("Cities Towards EU Compliance Award 2000") à des villes dans les pays candidats qui ont entrepris un effort particulier dans le domaine de l'environnement, notamment en ce qui concerne la qualité de l'air, le traitement des déchets, la qualité de l'eau potable et le traitement des eaux usées. Les villes lauréates de cette année sont: Rousse (Bulgarie), Decin, Kladno et Litomerice (toutes les trois en République tchèque), Taru (Estonie), Veszprem (Hongrie), Bielsko Biala, Gdansk et Radom (toutes les trois en Pologne), Rimavska Sobota (Roumanie) et Izmit (Turquie).