Bruxelles, 22/09/2000 (Agence Europe) - Invité à se prononcer sur les stratégies d'abattage des troupeaux contaminés par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), sur les exportations de veau non désossé à partir du Royaume-Uni, et sur les publications scientifiques les plus récentes concernant la possibilité, pour l'agent infectieux de l'ESB, de franchir la barrière des espèces, le comité scientifique directeur de l'UE a rendu les avis suivants:
1. abattage des troupeaux: pour éradiquer une épidémie d'ESB, l'abattage de troupeaux entiers n'est pas nécessairement une stratégie plus efficace qu'une approche plus sélective visant tous les animaux ayant ingéré la même nourriture (cohorte d'alimentation).
Selon le comité, les données disponibles indiquent que les cohortes de naissance (qui incluent tous les animaux nés ou élevés dans le même troupeau pendant une période donnée avant ou après la naissance d'un cas confirmé d'ESB) se rapprochent davantage de la cohorte d'alimentation que le "troupeau actuel", car elles couvrent la plupart, sinon la totalité des nouveaux cas décelés jusqu'à présent lors des exercices d'abattage. Dès lors, une stratégie d'abattage par cohorte de naissance aurait quasiment le même effet bénéfique qu'une stratégie d'abattage du troupeau entier, tout en réduisant des deux tiers le nombre d'animaux abattus.
2. Exportations de veau désossé à partir du Royaume-Uni: les exportations de veau non désossé à partir du Royaume-Uni dans le cadre du régime d'exportation fondé sur la date sont à considérer comme sûres. La découverte d'un cas d'ESB chez une vache née après le 1er août 1996 n'a pas modifié le point de vue du comité, lequel considère que la vache en question n'était pas éligible au régime d'exportation spécifique et que des cas exceptionnels étaient à prévoir en raison de la transmission de l'ESB de la vache au veau. Le comité invite néanmoins à un traçage minutieux et à une étude détaillée de tels cas pour déterminer avec précision l'origine de la contamination. Des indications d'une origine alimentaire le conduiraient à revoir son évaluation.
3. Présence du prion de l'ESB chez le mouton: l'hypothèse du professeur Prusiner, selon laquelle de faibles niveaux de prion de l'ESB pourraient être présents de manière endémique chez des moutons porteurs de la tremblante ne justifie pas, à ce stade, que le comité revoie son avis concernant la nécessité de mesures de réduction du risque d'encéphalopaties spongiformes transmissibles (EST) chez le mouton et la chèvre. Le comité a l'intention de suivre attentivement les résultats des recherches du professeur Prusiner (qui ont été relayés par la presse mais non encore finalisés et publiés) pour évaluer les risques auxquels faire face si la présence dESB chez le mouton était confirmée dans des conditions naturelles.
4. Présence d'une infectivité EST chez la volaille, le poisson et le porc : après examen de la publication du professeur Collinge sur l'éventuelle présence d'une infectivité EST subclinique chez certains animaux autres que les bovins, et ses implications pour la transmission des EST entre différentes espèces animales, le CST conclut que la plupart des éléments scientifiques qui fondent cette thèse ont déjà été pris en compte ou anticipés dans les avis qu'il a publiés en partant de l'hypothèse d'une barrière très basse à la transmission de l'ESB d'une espèce animale à une autre. Les mesures qu'il a recommandées (élimination des matériaux à risques spécifiés de la chaîne alimentaire animale et humaine, approvisionnement géographique sûr, des processus de production appropriés et des dispositions visant à exclure de la chaîne alimentaire les animaux et le bétail trouvés morts pour éviter le recyclage à l'intérieur des espèces) reposaient sur cette hypothèse.
5. Prédiction des cas de la variante humaine de la maladie de la vache folle: réagissant à l'article paru en août dans la revenue "Nature" sur les résultats des recherches d'une équipe britannique dirigée par le professeur Anderson prédisant un nombre de cas de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jacob (v-MCJ) inférieur aux estimations réalisées jusqu'à présent, le CSD considère que: a) il demeure très difficile de faire de telles prédictions compte tenu de l'existence de nombreuses inconnues à ce stade; b) l'hypothèse selon laquelle une vache contaminée ne causerait, en moyenne, pas plus deux cas de v-MCJ, est sujette à caution et n'est pas confirmée par les données scientifiques publiées.
Le CSD s'en tient donc à l'avis qu'il avait rendu en avril dernier sur l'exposition humaine à l'agent de l'ESB.
Le texte complet de l'avis sur les exportations de veau du Royaume-Uni et les déclarations sur les derniers développements de la recherche en matière d'ESB peuvent être consultés sur Internet à l'adresse suivante: http//europa.eu.int/comm/food/sc/ssc/outcome.