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Bulletin Quotidien Europe N° 7796
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/actions exterieures de l'union

LE PE RECLAME UNE CLARIFICATION DES ROLES RESPECTIFS DE LA COMMISSION ET DU HAUT REPRESENTANT

Strasbourg, 11/09/2000 (Agence Europe) - L'Union européenne est présente dans le monde, mais cette présence doit être renforcée et rendue plus visible: le Conseil et la Commission ont fait part au Parlement européen, la semaine dernière, de leurs intentions (voir à ce sujet EUROPE des 4/5 septembre, pages 4 et 5, sur le débat des ministres des Affaires étrangères des Quinze à Evian). Pour la Présidence française, a affirmé Pierre Moscovici, quatre objectifs sont prioritaires: - faire avancer, aussi loin que possible, le processus d'élargissement, pour disposer , à Nice, d'une vision globale de la situation. M.Moscovici a salué la décision d'Helsinki concernant la Turquie, mais a souligné que l'adhésion de ce pays n'est "même pas envisageable" aussi longtemps qu'il ne respecte pas les critères fixés; - le développement d'une Politique de sécurité et de défense: il s'agit d'une "construction ambitieuse" qui prendra forcément plusieurs années; - le développement de partenariats stratégiques avec les pays voisins et les grands ensembles régionaux, la "priorité des priorités" étant le resserrement des relations avec les Balkans. Autres priorités: relations avec l'Ukraine, avec la Russie, avec la Méditerranée mais aussi avec tout le reste du monde (que M.Moscovici a détaillé); - une réflexion à long terme sur l'amélioration de l'efficacité des instruments de l'Union, engagée à Evian: le Conseil y reviendra le l8 septembre. L'article 2 du Traité indique que l'un des objectifs de l'Union est d'affirmer son identité sur la scène internationale, a rappelé le commissaire Chris Patten, tout en notant que la politique étrangère "reste et restera, fondamentalement, une question pour les Etats membres". La simple coopération intergouvernementale serait cependant une "recette pour la médiocrité", d'où la volonté d'avancer vers une politique étrangère et de la sécurité commune ("commune" mais pas "unique", a insisté M.Patten). La Commission ne cherche pas de nouvelles compétences ou un nouveau rôle, mais veut jouer le rôle qui est le sien de façon plus efficace ( et je comprends parfaitement le désir du Parlement de faire exactement la même chose, a dit M. Patten). Ne nous demandez pas de dépenser plus de ce qui est disponible, a dit M. Patten, qui a noté que, avec M.Solana, "nous sommes en train de créer des structures raisonnables" de division des tâches.

Pour l'instant, c'est le chaos, a dit le chrétien-démocrate allemand Elmar Brok, en se demandant: que va-t-il se passer lorsque nous aurons 27 ministres des Affaires étrangères ? M.Patten et M.Solana ne peuvent pas éviter de se faire concurrence l'un l'autre, regrette M.Brok, pour qui il serait préférable d'avoir un vice-président de la Commission responsable pour la politique étrangère, avec un "lien de légitimation particulièrement fort" avec le Conseil. Le président du groupe libéral Pat Cox a déploré, en particulier, la décision prise "subrepticement" par le Conseil lors des vacances d'été de rendre "top secret" les documents concernant la Pesd (voir EUROPE du 1er septembre, page 6), comportement dénoncé également par Heidi Hautala, Verte finlandaise, qui admet qu'un certain secret est parfois indispensable. Pour assurer la présence forte qu'annonce M.Moscovici, il faudra avoir des moyens politiques, administratifs et financiers adéquats, a estimé Catherine Lalumière (groupe socialiste, française), alors que le général Morillon (PPE, français) a évoqué les relations avec la Turquie, en disant en particulier: - la Turquie ressent fortement le besoin de maintenir son identité: l'Europe est résolue à répondre à ce besoin, et, à cette fin, elle est prête à aider Ankara à trouver une solution au problème kurde; - en Europe, a dit M.Morillon, on ne comprendrait pas que Chypre continue à être "divisé par un mur". Le conservateur britannique Geoffrey Van Orden, qui souhaite une voix plus forte de l'Europe, n'est pas du tout d'accord avec l'idée d'un service diplomatique unique et d'une politique étrangère unique.

Le PE a adopté une résolution dans laquelle, en prenant acte des conclusions d'Evian, il regrette que la dimension intergouvernementale ait le dessus et il réclame une meilleure coordination et une clarification des rôles respectifs de la Commission et du Haut Représentant pour la Pesc. Pour le PE, la fixation de priorités nouvelles financées sur le budget de l'UE doit être assortie d'indications précises sur l'estimation des coûts et les sources de financement. Le PE plaide enfin pour l'attribution de crédits suffisants au développement ultérieur de la Pesd, en particulier en ce qui concerne sa dimension civile et la prévention des conflits.

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