Versailles, 11/09/2000 (Agence Europe) - Les ministres des Finances des Quinze, le président de la Commission européenne Romano Prodi et différentes personnalités des mondes académique, économique et social -au premier rang desquels figurait Mme Gro Harlem Brundtland- ont procédé, dimanche matin à Versailles, à une réflexion prospective sur ce que pourrait être l'économie européenne dans dix ans. Pour expliquer cette initiative, Laurent Fabius a observé que les ministres des Finances devaient à la fois "régler des questions immédiates et partager une vision commune sur les problèmes futurs et sur la manière de les aborder". L'exercice a permis, selon le président du Conseil Ecofin, "d'identifier toute une série de défis et une façon commune de les relever". Il en a tiré les leçons suivantes: - l'Europe a la capacité de renforcer son potentiel en matière d'éducation, de recherche et de technologies ; - la mondialisation, "cette liberté de plus en plus forte, est difficile à gérer", raison pour laquelle "il s'agit de re-réguler pour aller vers plus d'Europe" et pour amortir les effets de la globalisation sur les citoyens ; - la situation par rapport à l'emploi "est en train de complètement se renverser" dans la mesure où "la capacité de travail, surtout qualifié, est une denrée de plus en plus rare", d'où "l'importance de l'éducation et de la formation" ; - la libéralisation ne conduit pas à la disparition du rôle qui incombe aux autorités publiques, nationales et européennes.
"Avons-nous l'enthousiasme pour relever les défis politiques et économiques et la capacité de mettre au point les instruments" nécessaires à cet effet ? C'est la question que s'est posée Romano Prodi lors de la conférence de presse en ajoutant: "Dans une Europe de 500 millions d'habitants et d'une vingtaine de pays, comment faire en sorte que les synergies se mettent en place tout en préservant les diversités ? Serons-nous capables de répondre à ces défis tout en évitant l'exclusion sociale ?" A son avis, les réponses sont plutôt affirmatives car: - "les institutions ont déjà commencé leur travail" et "l'euro sera un facteur moteur de l'intégration", sans compter qu'il devrait conduire à harmoniser les cycles économiques; - les Etats-Unis sont sans doute en avance sur les technologies de l'information, "mais il y a deux locomotives" ; - au niveau de l'UE, "la mise en réseau incite la Commission à oeuvrer en faveur du respect de la diversité".
Quant à Mme Gro Harlem Brundtland, elle a souligné la capacité que conserve l'Europe d'influencer la réflexion mondiale, car les six valeurs retenues par les chefs d'Etat et de gouvernement à New York sont "proches de celles des Européens".
En conclusion, Laurent Fabius a expliqué que le sentiment de tous les intervenants, c'était que l'Europe, pour autant qu'elle exploite ses atouts, "a une capacité de développement aussi forte, voire plus, que les Etats-Unis". Sans doute a-t-elle aussi des handicaps (certaines barrières continuent à exister, des règles trop compliquées prévalent...); mais il existe "un optimisme fondamental sur la capacité de progression de l'Europe dans la mesure où elle en a la volonté", les chefs des grandes entreprises présents ayant dit: "Nous avons confiance !"