Bruxelles, 24/05/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté ce mercredi sa contribution au plan d'action sur eEurope, en vue du Conseil européen de Feira des 19 et 20 juin 2000. Sa stratégie consiste à fixer trois objectifs clés à atteindre par les Etats membres: i) faire en sorte que l'Internet soit moins cher, plus rapide et plus sûr, ii) investir dans les connaissances et l'accès de tout un chacun, iii) stimuler l'utilisation d'Internet. Elle souhaite que tous les éléments soient mis en place d'ici 2002. Dans un communiqué, elle précise que "ce plan vise surtout à accélérer l'adoption de la législation, à permettre le déploiement des infrastructures et des services partout en Europe et à faciliter la coordination entre les Etats membres - y compris au moyen de l'évaluation comparative des performances par le Commission". Le président de la Commission Romano Prodi a déclaré que ce document vise "à supprimer les barrières à la poursuite du développement de l'Internet en Europe et à garantir que les conditions de base seront réunies pour permettre une avancée décisive sur la voie de l'avènement d'une économie fondée sur la connaissance".
Le commissaire Erkki Liikanen, responsable de la société de l'information, a déclaré au cours d'une conférence de presse que "le principal objectif de la stratégie est de connecter tout le monde à Internet en 2002, partout et à tout moment". Pour lui, un Internet moins cher et plus rapide passe par le dégroupage de la boucle locale et la mise en concurrence sur ce réseau, ainsi que par l'investissement dans un Internet plus rapide pour la recherche et les étudiants. A ce niveau, l'initiative eEurope devrait favoriser le développement du World Wide Grid, un système de communication plus rapide, à bande large, qui permettra des collaborations nouvelles entre chercheurs sur Internet. La Commission prévoit un investissement communautaire de 300 millions d'euros pour les années 2001-2002 dans ce secteur. Un Internet plus rapide pour tous se fait par l'instauration d'un cadre de nature à encourager les investissements privés massifs, et à développer une nouvelle technologie Internet; les Fonds structurels pourraient être utilisés pour s'assurer que les régions périphériques bénéficient d'un Internet de grande qualité. Par ailleurs, un Internet plus sûr nécessite des réseaux sécurisés, des logiciels accessibles à tous et l'introduction de cartes à puces multifonctionnelles (smart cards), qui permettent qu'une seule carte puisse être utilisée partout en Europe. En ce qui concerne l'investissement dans les connaissances, le commissaire Liikanen a mis l'accent sur la connexion d'ici la fin de l'année prochaine de toutes les écoles à Internet. Il a argumenté que "des statistiques récentes montrent que si on connecte les écoles à Internet, les familles avec des enfants s'équipent du matériel informatique nécessaire". Selon le projet, "tous les écoliers utiliseront Internet dans le cadre de leur apprentissage quotidien, les enseignants seront dûment formés et les bons outils seront disponibles afin que ce potentiel soit pleinement exploité". Erkki Liikanen a précisé que le plan vise aussi à "combler les lacunes en matière de compétence, lutter contre l'exclusion d'Internet, favoriser l'accès des handicapés".
Trois usages d'Internet ont été cités par le commissaire en tant que base de son développement: 1)l'accélération du passage à l'e-commerce, en suscitant au mieux la confiance du consommateur; 2) l'accès aux autorités et aux services publics on-line, qui permettra aux citoyens d'entrer en contact avec leur administration au moment qui leur convient et sans devoir faire la queue; 3) le développement de "la santé en ligne", qui vise à mettre en rapport les diagnostics et les solutions. Et M. Liikanen a cité aussi les "transports intelligents" et les réseaux globaux.
Un document de la Commission montre qu'en 2003, 65 % de la population européenne devrait avoir un téléphone mobile et que les 85% de ces téléphones seront capables de surfer sur Internet. La technologie passera progressivement vers la troisième génération (UMTS).
En répondant à des questions, M.Liikanen a évoqué aussi deux autres points:
a) la fiscalité dans l'ecommerce. Sa position est favorable à la "neutralité fiscale", impliquant que les transactions commerciales télématiques soient taxées exactement comme les autres transactions;
b) les enchères pour les licences des téléphones mobiles de la troisième génération. De l'avis de M. Liikanen, les licences ne devraient pas être excessivement chères, afin d'éviter le retard dans le développement.
Les coûts exagérés paraissent positifs à bref terme pour les caisses publiques mais sont mauvais pour l'économie dans son ensemble.