Bruxelles, 24/05/2000 (Agence Europe) - Comme nous l'avons indiqué, le ministre français de la Défense Alain Richard a, lors de sa conférence de presse à Porto à l'issue du Conseil de l'UEO (voir EUROPE du 17 mai, p.6), signalé que les discussions avaient commencé au sujet des consultations sur la Pesd proposées aux pays qui ne sont pas membres de l'Union européenne.
Dans son intervention à Porto, le ministre turc de la Défense Sebattin Cakmako a clairement exprimé son mécontentement, en estimant que la formule envisagée affectait "les droits de participation gagnés pendant une décennie de pleine coopération". Selon lui, "il est difficile de ne pas conclure que le statut de plein partenariat établi au sein de l'UEO est maintenant rabaissé au statut de "pays tiers" (...) et ceci sur la seule base de considérations institutionnelles". La Turquie n'entend pas contester "les aspects institutionnels de l'UE, auprès de laquelle nous avons maintenant le statut de candidat à l'adhésion", mais elle veut s'assurer "une pleine reconnaissance des responsabilités et du rôle que nous assumons sur le plan national et en tant qu'allié européen dans le cadre de la sécurité et de la défense européenne, et de traduire ceci dans des paramètres de participation acceptables au sein de l'Union européenne", a-t-il dit. Et il a souhaité que l'UE réfléchisse de manière "plus créative" afin de mieux tenir compte des intérêts des alliés européens qui ne figurent pas parmi ses membres. Par ailleurs, le ministre, en rappelant que la Turquie, déjà lors du Conseil de l'UEO de novembre dernier à Luxembourg, s'était déclarée prête à contribuer à "l'objectif global" (le "headline goal" pouvant atteindre 60 000 hommes) avec une force équivalente à une brigade, appuyée par de "suffisantes composantes aériennes et navales", constate que "nous n'avons pas encore reçu de réaction à notre offre". "Nous pensons sincèrement que, dans le travail de suivi sur le "headline goal", ce serait utile de profiter des mécanismes de planification de défense de l'Otan", a conclu le ministre.
Quant au Secrétaire d'Etat norvégien M.Ö Singsaas, il a exprimé le désir de son pays de participer au développement de la Pesd dans un ton moins polémique, mais ferme sur le fond, en soulignant en particulier qu'il est très important, pour la Norvège, de pouvoir "associer des officiers norvégiens à l'état-major militaire de l'Union européenne". "Nous sommes engagés dans des formations multinationales avec d'autres pays de l'Union, et pour nous, c'est tout à fait normal d'y contribuer", a-t-il dit, en ajoutant que, "en ce qui concerne la sécurité et la défense, nos ambitions sont les mêmes que celles de l'Union européenne". Selon la Norvège, a-t-il affirmé, toute participation militaire norvégienne à une opération européenne doit être basée sur "un système d'information et de participation complète, aussi bien dans la phase préparatoire de l'opération que dans les délibérations générales en matière de politique de sécurité et de défense".