Les ministres européens des Finances feront le point, vendredi 27 mars, lors d'une réunion en distanciel après le report de leur réunion informelle programmée à Chypre (22-23 mai), sur l'impact macroéconomique de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par les attaques américano-israéliennes visant l'Iran.
Réuni en format inclusif, l'Eurogroupe analysera l'évolution des marchés de l'énergie et sera informé des différentes mesures d'urgence prises par plusieurs pays de l'UE, comme l'Espagne (EUROPE 13833/1), pour amortir l'impact de l'envolée des prix du pétrole et du gaz sur les citoyens et les entreprises.
Nous voyons « un impact négatif » de la guerre au Moyen-Orient qui se diffuse à travers divers canaux : « les prix de l'énergie, une baisse de la valorisation d'actifs et la volatilité sur les marchés de la dette souveraine », a noté une source européenne, mercredi 25 mars.
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol, exposera aux ministres les dernières évolutions sur les marchés énergétiques. La Commission fournira un état des lieux des mesures budgétaires prises au niveau national ainsi que des recommandations sur le type de mesures acceptables. La BCE informera les ministres de ses récentes décisions monétaires et, malgré l'incertitude sur la durée du conflit, de l'impact envisagé sur l'inflation (EUROPE 13832/17).
Cette source européenne a espéré que les États membres seront en mesure de « se coordonner davantage » que lors du choc inflationniste subi en 2022 au début de l'agression militaire russe de l'Ukraine. Les États membres doivent mettre au point leurs mesures « avec prudence, afin de garantir la stabilité budgétaire », de maintenir des règles du jeu équitables et de continuer d'inciter à la « transition énergétique », seul moyen pour l'UE - selon elle - d'être moins dépendante de chocs macroéconomiques liés aux énergies fossiles. D'autant qu'en 2026, ils ne disposent pas de la même marge de manœuvre budgétaire qu'en 2022.
J'espère que les pays de l'UE seront « plus intelligents » en ne subventionnant pas les énergies fossiles, a-t-elle ajouté, notant qu'il est « plus difficile de retirer des mesures » budgétaires d'urgence que de les mettre en place.
G6. À noter que les ministres des six principales économies de l'Union européenne - l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne, la Pologne et les Pays-Bas - présenteront leurs travaux sur l'intégration des marchés de capitaux (EUROPE 13809/2).
En format habituel, l'Eurogroupe préparera la position des pays européens en vue des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale. Dans le contexte d'incertitude actuel, sera observée l'évolution des taux de change, notamment entre l'euro et le dollar américain. La question des déséquilibres globaux, priorité de la Présidence française du G7, sera également abordée. (Mathieu Bion)