Le Conseil 'Affaires étrangères' en formation 'Commerce' se réunira en marge de la 14e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à Yaoundé (Cameroun), entre le 26 et le 29 mars, dans un contexte de tensions commerciales importantes et de perturbations des échanges liées à la guerre au Moyen-Orient.
Sur le plan formel, les ministres du Commerce de l'UE devraient approuver une première série de conclusions au début de la MC14, exposant les attentes de l'UE concernant cette conférence.
Une fois que les résultats de la conférence ministérielle seront suffisamment clairs, les ministres examineront l'approbation d'une deuxième série de conclusions.
Ils tenteront également d'adopter une décision sur la position à prendre au nom de l'UE pour soutenir formellement l'adoption des conclusions juridiquement contraignantes de cette conférence ministérielle.
Une réforme attendue. L’un des enjeux principaux qui seront examinés par les 166 États membres de l'OMC concerne la réforme de l’institution afin de moderniser son architecture et ses processus.
Cette réforme s’articule autour de trois piliers - prévisibilité, équité et flexibilité - dans la volonté de répondre aux défis actuels de frictions commerciales, de problèmes de surcapacités industrielles en Chine et de rivalités entre grandes puissances.
La conférence vise aussi à trouver une solution pour rétablir le système de règlement des différends, paralysé depuis des années en raison d'un refus des États-Unis de nommer des juges dans l'organe d'appel.
Pour l’eurodéputé Bernd Lange (S&D, allemand), président de la commission INTA du Parlement européen (EUROPE 13815/11) et responsable d’une délégation de huit membres du PE à Yaoundé, la mission est claire. « Nous voulons enfin avancer dans la modernisation de l’OMC. Il ne suffit plus de parler uniquement de réformes – nous avons besoin d’un plan concret pour les mois à venir », a-t-il déclaré sur le réseau social X.
Perturbations commerciales liées à la guerre au Moyen-Orient. Autre défi de taille que les membres pouvaient difficilement anticiper il y a encore un mois : le conflit au Moyen-Orient, débuté le 28 février dernier après une attaque lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran.
Pour l’OMC, les perturbations d’approvisionnements en pétrole, en gaz, mais aussi en engrais, constituent un nouveau défi. En temps normal, un tiers des exportations mondiales d’engrais, essentielles pour l’agriculture mondiale, passent par le détroit d’Ormuz, actuellement partiellement bloqué par l'Iran.
Le directeur général adjoint de l'OMC, Jean-Marie Paugam, interrogé par l’AFP, considère que « le sujet d'alerte numéro un aujourd'hui, ce sont les engrais ». « S'il n'y a plus d'engrais, il y a un effet sur la quantité, mais aussi sur les prix », a-t-il averti.
Il sera aussi question de discuter de l’intégration d’accords plurilatéraux dans le cadre juridique de l’OMC. Ces accords concernent notamment la facilitation des investissements pour le développement et le commerce électronique.
Les membres essaieront en outre de trouver une solution pour le moratoire multilatéral sur le commerce électronique afin de garantir aux entreprises « prévisibilité et stabilité », comme le souligne le Conseil de l’UE dans un communiqué. (Pauline Denys)