Les représentants du Conseil de l’UE et du Parlement européen ont choisi Lille pour accueillir le siège de la future Autorité européenne des douanes (EUCA) à partir de 2028, mercredi 25 mars (EUROPE 13835/18).
La ville du nord de la France s’est distinguée parmi les neuf candidats (EUROPE 13827/40) face à Liège (Belgique), Malaga (Espagne), Zagreb (Croatie), Rome (Italie), La Haye (Pays-Bas), Varsovie (Pologne), Porto (Portugal) et Bucarest (Roumanie) (EUROPE 13793/7).
« Nous avons travaillé en étroite collaboration avec le Parlement et le rapporteur afin de garantir un processus efficace et équitable », s’est réjouie Christina Rafti, l’ambassadrice de Chypre, après le vote. Conformément à la procédure qu’ils ont élaborée (EUROPE 13816/21), le Conseil et le Parlement ont sélectionné chacun indépendamment leurs deux candidats préférés : Lille et Rome. Trois tours de vote se sont ensuite enchaînés pour les départager, le premier demandant une majorité de 41 voix, le deuxième 38 et le dernier 36.
Le député européen et rapporteur, Dirk Gotink (PPE, néerlandais), a expliqué que le PE voulait « garantir une majorité aussi large que possible au sein des deux institutions ». « Lille est donc sans conteste la grande gagnante, et Rome était également une candidate très sérieuse. Je pense que leur victoire a été quelque peu inattendue, mais elles bénéficiaient d’un large soutien au Parlement et, bien sûr, dans le cadre de votre procédure interne au Conseil, elles ont également reçu un soutien très fort », a-t-il précisé.
Mme Rafti et M. Gotink ont tous deux salué la qualité de l'ensemble des candidatures. « Tout le monde a très bien préparé son dossier. Je pense qu’ils ont également tiré les leçons de la procédure pour le choix du siège de l’Autorité de lutte contre le blanchiment (AMLA) et de celle de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Il faut être préparé pour cette procédure. Cela signifie qu’il ne suffit pas d’un seul bâtiment, il en faut plusieurs, ainsi que des scénarios, et il faut une très bonne équipe de projet », a-t-il commenté.
Quant à l’équilibre géographique, le rapporteur a souligné qu'« à l'avenir, l’Europe devrait garder à l’esprit que le centre de l’Europe ne se limite pas à un rayon de 300 km entre Amsterdam, Francfort et Lille ». « L'Europe s'étend en réalité sur 2 000 km et il est important que d'autres régions et zones d'Europe se sentent également connectées et représentées, et surtout que nous ayons quelque chose à offrir, que nous puissions compter sur leur expertise et leur excellence pour rendre l'Europe plus forte », a-t-il ajouté.
Réactions en France. Sur X, le président de la République française, Emmanuel Macron, a félicité Lille : « C’est le choix d’une métropole ouverte et pleinement européenne, une fierté pour la France. Nous serons au rendez-vous pour moderniser l’Union douanière et renforcer la confiance dans le marché intérieur de l’Union européenne ».
Benjamin Haddad, le ministre délégué français chargé de l'Europe, a réagi également sur le réseau social : « C’est une grande victoire, une reconnaissance du rôle stratégique de Lille comme hub économique et logistique au cœur de l’Europe. À l’heure où le commerce est redevenu une arme diplomatique, cette autorité aura un rôle déterminant pour défendre nos intérêts ».
Les négociations interinstitutionnelles concernant la réforme du code des douanes se poursuivront le lendemain, jeudi 26 mars. Cette réunion (trilogue) devrait être conclusive d’après Mme Rafti et M. Gotink. (Anne Damiani)