login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13836
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Énergie

Les eurodéputés demandent d'agir pour plus d'indépendance face à la hausse des prix de l'énergie

Face aux nouvelles incertitudes sur les marchés européens de l’énergie liées au conflit au Moyen-Orient, il était tout naturel que le premier débat de la mini-séance plénière du Parlement européen à Bruxelles, mercredi 25 mars, ait concerné les prix de l'énergie.

Si la dépendance de l’UE vis-à-vis des approvisionnements en provenance du Golfe est limitée, sa dépendance générale à l'égard des importations de combustibles fossiles l’a rendue particulièrement sensible aux fluctuations de prix.

Avec le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20% des hydrocarbures au niveau mondial, les prix du pétrole et du gaz sur les marchés mondiaux et européens ont grimpé. Le baril de Brent a dépassé plusieurs fois le seuil symbolique des 100 dollars, tandis que le contrat à terme néerlandais TTF, référence européenne pour le gaz, est monté à plus de 72 euros le MWh le 19 mars dernier.

Si on est encore très loin du pic de 339 euros/MWh connu fin août 2022, le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, a toutefois estimé que « si nous ne tirons pas les leçons de nos erreurs passées, nous sommes condamnés à les répéter sans cesse ». 

Dans le cas contraire, « nous pouvons bâtir un avenir nouveau : un avenir énergétique propre, abordable et produit localement (…) », a-t-il déclaré devant les eurodéputés.

Il en a également profité pour réitérer sa demande à l’attention des États membres d’agir directement sur la facture des consommateurs européens, en réduisant la fiscalité sur l’électricité.

Pour Jordan Bardella (Patriotes pour l’Europe, français), la politique énergétique de l’UE n’est pas « seulement l'otage d'une pression fiscale insoutenable, elle est également le fruit de décisions hasardeuses (…) ». S’adressant à la Commission européenne, il a fustigé le couplage du prix de l’électricité à celui du gaz, selon le principe de 'merit order'.

Christophe Grudler (Renew Europe, français), quant à lui, a appelé, au nom de son groupe, à relancer l'instrument 'Aggregate EU', permettant l’achat en commun de gaz « pour casser la spéculation et contenir les prix ».

Il a aussi appelé, tout comme Bas Eickhout (Verts/ALE, néerlandais) et Mohammed Chahim (S&D, néerlandais) à mettre fin à la dépendance à l'égard des énergies fossiles importées.

« Ce qui offre une protection, ce sont les panneaux solaires, les pompes à chaleur et les voitures électriques. Ceux qui en sont déjà équipés sont chanceux (…). Mais malheureusement, ce n'est pas accessible à  tous, et c'est là que réside notre mission », a déclaré M. Chahim.

ETS. De nombreuses interventions se sont également attardées sur le système d’échange de quotas d’émissions de l’UE (ETS).

Pour Massimiliano Salini (PPE, italien), le système ne doit pas être aboli, mais « nous avons le devoir de neutraliser, surtout maintenant, l'impact de l’ETS sur les prix de l'énergie ».

Au contraire, Elena Donazzan (CRE, italienne) a appelé à mettre fin à ce système, le jugeant « coûteux » et « nuisible pour nos entreprises ».

Sur ce point, le commissaire Jørgensen, quant à lui, a défendu un mécanisme qui « nous a permis de réduire nos émissions et notre demande de gaz de plus d’un milliard de mètres cubes depuis 2022 ».

Une révision du système est toutefois prévue d’ici juillet, comme demandé par les dirigeants européens lors d’un sommet à Bruxelles la semaine dernière (EUROPE 13832/1). (Pauline Denys)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
Invasion Russe de l'Ukraine
SÉCURITÉ - DÉFENSE
ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL - EMPLOI
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES