À l'initiative de leur homologue allemand, Lars Klingbeil, les ministres des Finances des six principales économies - l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne, la Pologne et les Pays-Bas - de l'Union européenne ont discuté de la façon de mobiliser l'épargne privée pour financer des investissements productifs dans l'UE, lundi 16 février, en marge de la réunion de l'Eurogroupe.
M. Klingbeil a assuré que son initiative vise à insuffler un nouveau « tempo » dans les travaux sur l'intégration européenne des marchés de capitaux, avec l'objectif final de « trouver des solutions pour toute l'Europe » et de renforcer « la souveraineté européenne ». « Le rythme qui est le nôtre aujourd'hui au niveau européen n'est pas à la hauteur des défis », a-t-il souligné, faisant valoir l'opportunité d'attirer en Europe « les investisseurs internationaux (souhaitant) se diversifier davantage ».
Le président de l'Eurogroupe, Kyriakos Pierrakakis, a indiqué que M. Klingbeil avait exposé aux ministres les travaux de ce groupe « informel et temporaire » destinés à faire converger les positions sur des priorités économiques clés. Il n'a pas vu de quelconque « menace » dans cette initiative, qui, selon lui, s'ajoute ('is auxiliary') aux travaux déjà engagés au sein du Conseil Écofin et de l'Eurogroupe, soulignant l'importance de la « transparence ».
Les six ministres devraient se réunir régulièrement par visioconférence ou en présentiel. Lors de leur prochaine réunion, le 9 mars, ils réfléchiront aux moyens de renforcer le rôle international de l'euro et de rendre les investissements dans la défense plus efficaces.
Le ministre français, Roland Lescure, a souhaité que ce groupe informel serve d'« aiguillon au reste de l'UE pour accélérer, faciliter, simplifier, approfondir » les travaux, en fixant « des objectifs ambitieux et des échéances précises », peut-être d'ici fin 2026, sur des enjeux tels que « la supervision » européenne d'acteurs financiers systémiques.
Notre démarche consiste à utiliser notre « poids politique » pour accélérer le projet d'union de l'épargne et de l'investissement, a enchaîné le ministre néerlandais, Eelco Heinen, assurant que l'objectif était d'avancer à vingt-sept États membres.
Dans la même veine, le ministre polonais, Andrzej Domański, a préconisé la mise au point de « nouveaux outils » pour faciliter les investissements privés dans l'UE.
L'Espagne, qui était représentée par son ministre adjoint, a mis en avant l'importance du 'Competitiveness Lab', cette réunion informelle de sept pays de la zone euro (l'Espagne, l'Allemagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et l'Estonie) souhaitant mettre sur pied des projets d'avant-garde sur des enjeux liés à l'intégration des marchés de capitaux, tels qu'une plateforme européenne pour la titrisation (EUROPE 13727/9) et un label européen pour des produits d'épargne (EUROPE 13654/20). (Mathieu Bion)