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Bulletin Quotidien Europe N° 13809
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CARTE BLANCHE / Carte blanche

Renouvellement de la flotte de pêche, il y a urgence !

À l’approche de l’évaluation de la politique commune de la pêche et avant la réunion finale du Partenariat pour la transition énergétique dans la pêche et l’aquaculture, ce mardi, une question essentielle se pose : voulons-nous une Europe capable d’assurer sa sécurité alimentaire et sa souveraineté ou une Europe dépendante des importations et exposée aux crises extérieures ?

La pandémie nous l’a rappelé : sans production alimentaire solide sur son propre territoire, l’Europe est vulnérable aux chocs géopolitiques et climatiques. Cela vaut pour l’agriculture, mais aussi pour la pêche, trop souvent mise de côté alors qu’elle joue un rôle stratégique. La pêche est pourtant une politique commune européenne depuis plus de trente ans, soutenue par un fonds dédié, le FEAMPA.

Depuis des années, le Parlement européen, plusieurs États membres et les professionnels demandent à la Commission d’agir face à des enjeux urgents : moderniser les navires, renouveler la flotte, réduire les risques liés à l’investissement et rendre les métiers de la pêche et de l’aquaculture plus attractifs.

Aujourd’hui, les navires européens ont en moyenne plus de 31 ans. Le renouvellement de la flotte est estimé entre 22 et 36 milliards d’euros (avis du NWWAC). Sans bateaux plus modernes, plus sûrs et plus performants, comment réduire la consommation de carburant, améliorer les conditions de travail et attirer une nouvelle génération de pêcheurs ?

Pourtant, des règles trop contraignantes - notamment sur la taille et la jauge des navires - ainsi qu’un manque de financements freinent cette transition. Le renouvellement de la flotte nécessite une véritable volonté politique et des financements publics suffisants pour encourager l’investissement privé. La Commission doit reconnaître la pêche comme un secteur stratégique et lui donner accès à des instruments adaptés, notamment pour la pêche artisanale, le secteur de la pêche dans les îles et les régions ultrapériphériques.

Nous saluons les nouvelles lignes directrices concernant le renouvellement des navires de moins de 12 mètres dans les régions ultrapériphériques. Mais cette approche doit être élargie à tous les navires, sans limitation de taille. Dans ces territoires, la flotte est majoritairement composée de petits bateaux vieillissants, confrontés à des risques accrus en matière de sécurité et à une dégradation des conditions de travail et de vie. Leur renouvellement, leur modernisation et leur décarbonation doivent être pleinement soutenus par des financements européens dédiés, avec une prise en charge à 100% par l’Union européenne.

Or, la proposition actuelle va dans le sens inverse. La Commission envisage un budget de 2 milliards d’euros pour la période 2028–2034, contre 6,1 milliards pour 2021–2027 - soit trois fois moins. C’est inacceptable.

La situation a profondément changé ces dix dernières années. Il est temps de sortir de dogmes dépassés et d’adapter la politique commune de la pêche aux réalités actuelles afin que la pêche européenne durable puisse continuer à nourrir les citoyens européens.

Des outils efficaces existent déjà pour éviter la surpêche, et d’autres peuvent encore être développés : quotas, encadrement de l’effort de pêche, engins plus sélectifs, approche écosystémique tenant compte de tous les facteurs qui influencent la ressource, indicateurs sociaux et énergétiques, etc.

En attendant la révision - nécessaire, mais tardive - de la politique commune de la pêche, la priorité est de présenter dès cette année un règlement « omnibus ». Celui-ci devra notamment lever les obstacles réglementaires au renouvellement de la flotte en modifiant le FEAMPA actuel, en vigueur jusqu’à fin 2029.

Le Parlement européen a déjà ouvert la voie avec son rapport de décembre sur « La décarbonation et la modernisation de la pêche européenne et le développement des engins de pêche ». Les articles 13, 17, 18 et 19 du règlement FEAMPA doivent évoluer, de même que des amendements ciblés doivent être apportés aux dispositions liées à la transition énergétique du secteur. Nous sommes prêts à travailler en ce sens.

Nous appelons la Commission et la Présidence de l’UE à agir rapidement.

Isabelle le Callennec (PPE, française)

Gabriel Mato (PPE, espagnol)

Carmen Crespo Díaz (PPE, espagnole)

Paulo do Nascimento Cabral (PPE, portugais)

Sander Smit (PPE, néerlandais)

Marco Falcone (PPE, italien)

Željana Zovko (PPE, croate)

Francisco José Millán Mon (PPE, espagnol)

Fredis Beleris (PPE, grec)

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