La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a estimé, mardi 17 mars, que « la crise actuelle au Moyen-Orient présentait déjà, à bien des égards, les caractéristiques du pire scénario ».
Aux députés européens de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, Mme Kallas a expliqué ne voir « aucun signe d'apaisement des tensions ni de stratégie de fin de guerre ». « Il est impératif de collaborer avec les partenaires de la région afin de formuler des propositions aux États-Unis, à l'Iran et à Israël pour mettre fin à ce conflit », a plaidé Mme Kallas, expliquant que la sécurité européenne dépendait de la paix dans la région. Et d'ajouter : « Nous sommes tous d'accord pour que la guerre cesse, car son coût est trop élevé pour tous ».
Interrogée sur la participation ou non des Européens à une mission maritime dans le détroit d'Ormuz, Mme Kallas a expliqué que la liberté de navigation préoccupait les Européens, mais aussi que, lors du Conseil des Affaires étrangères, la veille, « il avait été très clair qu'il ne s'agit pas d'une guerre de l'Europe » (EUROPE 13829/1). « Nous n'avons pas déclenché la guerre, nous n'avons pas été consultés et nous ignorons les objectifs de cette guerre », a-t-elle ajouté.
Le même jour, face au refus de nombreux pays de l'Alliance d'aider son pays pour sécuriser le détroit d'Ormuz, le président américain, Donald Trump, a estimé que l'OTAN faisait une « erreur vraiment stupide ». « J'ai longtemps dit que je me demandais si l'OTAN serait jamais là pour nous. Ceci est, était un grand test, parce que nous n'avons pas besoin d'eux, mais ils auraient dû être là », a-t-il ajouté.
La Haute Représentante a également expliqué que plus la guerre se prolongeait au Moyen-Orient, plus l'Ukraine souffrait. « La Russie profite des prix du pétrole et de la fermeture immédiate d'Ormuz », a-t-elle souligné, estimant que la levée des sanctions américaines contre le pétrole russe « ne pouvait pas tomber plus mal pour l'Ukraine ». Appelant à exercer une pression supplémentaire sur la Russie, Mme Kallas a estimé que le blocage de l'adoption du 20e paquet de sanctions à l'encontre de la Russie et du prêt de 90 milliards d'euros pour l'Ukraine mettait « réellement en péril la sécurité de l'UE ». Elle a précisé qu'un travail était en cours avec les dirigeants européens pour trouver une solution. « C'est le plan A, mais il faut voir s'il est réalisable », a-t-elle ajouté.
De même, la nouvelle guerre au Moyen-Orient a détourné l'attention de la situation en Palestine, a regretté la Haute Représentante. (Camille-Cerise Gessant)