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Bulletin Quotidien Europe N° 13830
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Le règlement LULUCF ne reflète pas assez la réalité climatique, selon les ministres européens

Lors du Conseil 'Environnement' de mardi 17 mars, les ministres européens ont dressé un constat largement partagé : le cadre actuel du règlement LULUCF (utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie) ne reflète plus suffisamment la réalité climatique à laquelle sont confrontés les forêts et les sols européens.

De nombreux États membres ont souligné que les forêts européennes sont aujourd’hui confrontées à une multiplication d’événements extrêmes : sécheresses prolongées, tempêtes, incendies et attaques de ravageurs comme les scolytes. Ces phénomènes réduisent fortement la capacité des forêts à absorber le CO2, indépendamment des pratiques de gestion (EUROPE 13829/16).

Des pays fortement forestiers comme la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Suède ou la Slovénie ont insisté sur l’ampleur des incertitudes pesant sur les puits naturels, notamment dans les tourbières et les écosystèmes sensibles au climat.

Des règles jugées trop rigides. Plusieurs délégations ont critiqué la volatilité des données LULUCF, liée à des ajustements méthodologiques fréquents et à des inventaires nationaux encore imparfaits. Selon l’Autriche et des États qui la soutiennent, les variations annuelles des chiffres d’absorption peuvent être très importantes sans changement réel dans l’exploitation forestière, ce qui fragilise la crédibilité du système.

La France a estimé que les règles actuelles ne prennent pas suffisamment en compte l’impact structurel du changement climatique sur les forêts, ce qui empêche collectivement les États membres de respecter les objectifs LULUCF. Paris plaide pour une évolution du cadre afin qu’il reste exigeant, mais mieux adapté à ce secteur spécifique.

De nombreux États (dont l’Italie, la Hongrie, l'Espagne et la Slovaquie) ont appelé à reconnaître explicitement les catastrophes naturelles et les aléas climatiques dans la comptabilité LULUCF. Ils estiment que les gestionnaires forestiers ne doivent pas être tenus responsables de phénomènes qu’ils ne maîtrisent pas. Ces pays demandent que le cadre post-2030 privilégie la résilience écologique à long terme, plutôt que des objectifs de captage à court terme fondés sur des trajectoires linéaires héritées du passé. La nécessité de mieux valoriser les produits du bois à longue durée de vie et le rôle de la bioéconomie dans la substitution aux énergies fossiles ont été soulignés par des délégations.

Tout en soutenant une révision en profondeur du règlement, le Luxembourg a rappelé que cette adaptation ne devait en aucun cas affaiblir l’ambition climatique de l’Union.

Wopke Hoekstra, le commissaire au Climat, a reconnu que le changement climatique affecte déjà fortement la capacité naturelle d’absorption du CO2. Il voit dans le secteur LULUCF un « allié stratégique » pour la neutralité climatique et la réduction des dépendances énergétiques, à condition d’investir davantage dans la gestion durable des sols, la biomasse et les matériaux biosourcés.

Une consultation publique sur le cadre climatique post-2030 est en cours jusqu’au 4 mai et la Commission européenne invite les États membres et les parties prenantes à s’exprimer notamment sur les mesures à prendre dans le secteur des sols. (Lionel Changeur)

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