En raison de la guerre au Moyen-Orient (EUROPE 13819/1 - et voir autres nouvelles), la Commission européenne a annoncé, lundi 2 mars, à l'issue d'un Collège de sécurité, qu’elle renforcerait « la surveillance des risques de perturbation des transports, notamment autour du détroit d'Ormuz et de la mer Rouge ». Elle intensifiera aussi « la coordination avec les compagnies aériennes, les compagnies maritimes et les autorités nationales ».
Dès samedi 28 février, l'Agence européenne pour la sécurité aérienne (EASA) avait publié un bulletin d'information sur les zones de conflit pour le Moyen-Orient et le golfe persique, valable jusque lundi, puis prolongé jusque vendredi 6 mars. Elle a recommandé aux exploitants aériens de « ne pas opérer dans l'espace aérien concerné, à tous les niveaux de vol et à toutes les altitudes », de « suivre de près l'évolution de la situation » et de « se conformer à toutes les publications aéronautiques disponibles concernant la région ». Elle leur a rappelé également que d’autres zones sont également concernées par cette recommandation : les espaces aériens de Syrie, du Yémen, en particulier Sanaa, du Liban, de l'Irak, et celui voisin de l’Iran.
« Nous espérons une résolution pacifique rapide des hostilités actuelles. Dans ce contexte, il est essentiel que les États respectent leur obligation de protéger les civils et l'aviation civile », a réagi Willie Walsh, directeur général de l'Association internationale du transport aérien (IATA), dans un communiqué.
Situé dans le Golfe Persique et frontalier de l'Iran, le Détroit d'Ormuz est stratégique pour le transport maritime, notamment le pétrole du Moyen-Orient.
« La sécurité des marins est primordiale. Les marins ne doivent pas être pris pour cible ou exposés à des risques en raison du conflit, et le principe fondamental de la liberté de navigation doit être respecté », a souligné à son tour Joe Kramek, président-directeur général du Conseil mondial de la marine marchande (World Shipping Council, WSC).
Damian Viccars, directeur des affaires gouvernementales européennes du WSC, rencontré par Agence Europe lundi, a comparé cette situation à celle de la mer Rouge (EUROPE 13814/35).
« Au début de cette crise, nous avons constaté certaines perturbations liées à la mise en place de nouvelles routes par les compagnies maritimes, afin d'éviter les régions les plus à risque », a-t-il rapporté, soulignant la capacité des transporteurs à « maintenir le commerce entre l'Asie et l'Europe ». Il a expliqué ensuite que des perturbations en Asie pourraient se produire là où les cargaisons à destination de la région du Moyen-Orient pourraient ne pas être chargées. Cela pourrait alors engendrer une congestion dans les ports asiatiques, avec « des répercussions qui affecteraient le commerce de manière plus générale ». (Anne Damiani)