Tandis que s’amorce une année décisive dans les négociations sur le cadre financier pluriannuel 2028-2034, attendue comme devant se clore sur un accord, le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE) a organisé, mercredi 14 janvier, au Parlement européen, un événement dédié à l’avenir des finances de l’Union européenne. Il s’agissait ainsi de se pencher sur l’orientation des finances de l’Union européenne à un moment où s’accumulent de nouvelles priorités politiques, le recours à l’endettement commun et le débat sur les ressources propres.
Ainsi qu’il a été rappelé en ouverture, la préparation du prochain CFP intervient à un moment où les institutions sont appelées à financer simultanément la compétitivité, la sécurité, la transition énergétique et le soutien à l’Ukraine.
Le coprésident du groupe, l’italien Nicola Procaccini, a pointé du doigt une évolution, à son sens, préoccupante, vers une augmentation qu’il perçoit comme disproportionnée du budget européen.
D’après l’eurodéputé conservateur, la proposition de la Commission européenne (EUROPE 13682/1) d’un cadre financier pluriannuel de 2 000 milliards d’euros traduirait une ambition politique visant à transformer l’UE en un quasi-État fédéral, une perspective à laquelle son groupe s’oppose.
Ainsi, l’élu s’est exprimé en faveur d'un budget « minimal », pourvoyant à un nombre limité de missions essentielles, et s’est montré réticent quant à l’idée de nouvelles ressources propres assimilées à des taxes européennes, notamment sur les entreprises.
Le débat a également porté sur la soutenabilité de la dette européenne.
Bogdan Rzońca (CRE, polonais), membre de la commission des budgets (BUDG), a rappelé l’ampleur des engagements financiers existants. Aussi a-t-il mentionné la dette contractée dans le cadre du plan de relance, des instruments de défense et du soutien à l’Ukraine.
L’UE est, comme il l’a exposé, dans une situation financière inconfortable, ce qui nécessiterait une discussion transparente sur le remboursement de cette dette et sur l’impact des futures décisions budgétaires sur les États membres et les citoyens.
Le vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la Cohésion et des Réformes, Raffaele Fitto, a défendu par un message vidéo la proposition présentée en juillet dernier, avec un budget plus flexible et simplifié, capable de s’adapter à des crises imprévues et qui tiendrait compte des réalités territoriales.
Selon Raffaele Fitto, cela doit permettre au prochain CFP d’associer efficacité, réactivité et respect des priorités fondamentales de l’UE. (Nithya Paquiry)