L’Union européenne a mis en place un cadre juridique exhaustif pour les contrôles de conformité de l’huile d’olive, mais celui-ci n’est « pas appliqué dans son intégralité par les États membres », a estimé la Cour des comptes de l’UE dans un rapport publié mercredi 14 janvier, qui a analysé la situation dans quatre pays (l'Italie, l'Espagne, la Grèce et la Belgique, laquelle est le principal exportateur d’huile d’olive de l’UE parmi les pays non producteurs).
« Les États membres n’appliquent pas les contrôles de manière cohérente. Nous avons identifié des lacunes dans les systèmes de contrôle, en particulier en ce qui concerne les contaminants autres que les pesticides, et l’audit a révélé qu’il n’est pas toujours possible de retracer l’origine de l’huile d’olive », a résumé Joëlle Elvinger, qui a rédigé le rapport.
« Les États membres n’effectuent pas toujours le nombre de contrôles requis pour vérifier l’authenticité de l’huile d’olive », a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse. En outre, à l’exception de l’Espagne, les États membres n’analysent pas systématiquement l’ensemble des paramètres lors des contrôles, selon elle.
Contrôles partiels. Le rapport montre en effet que deux des États membres visités excluent de leurs contrôles de conformité certaines parties de la chaîne de production et de distribution. Les autorités belges n’effectuent pas de contrôles des ventes en ligne ni d’inspections d’huile d’olive en provenance de pays tiers dans les locaux des importateurs. Les autorités grecques ne réalisent des contrôles de conformité que pour l’huile d’olive produite en Grèce et destinée au marché grec. Elles excluent ainsi de leurs contrôles les huiles d’olive importées et exportées.
Les autorités italiennes et espagnoles effectuent des contrôles tout au long de la chaîne d’approvisionnement (industrie, commerce de détail, importations et exportations), y compris concernant les ventes en ligne, et couvrent les huiles d’olive d’origines différentes. En Italie, les autorités accordent la priorité à la prévention de la fraude alimentaire sur les plateformes de commerce électronique.
Présence de pesticides. « Notre audit a montré que le système de contrôle des contaminants dans l’huile d’olive fonctionne bien en ce qui concerne les résidus de pesticides », a souligné Joëlle Elvinger.
Dans ce rapport spécial, les auditeurs relèvent que les États membres ont identifié très peu de cas dans lesquels les niveaux de contaminants dans l’huile d’olive dépassaient les limites légales.
« Toutefois, les systèmes de contrôle présentent certaines failles, principalement en ce qui concerne les contaminants autres que les pesticides. Notre audit a également mis en évidence que les contrôles de traçabilité ne permettent pas toujours de déterminer l’origine d’un produit », indique le rapport.
Huile d’olive importée. Bien que l’UE importe un volume équivalant à environ 9% de sa production annuelle d’huile d’olive, les contrôles portant sur la présence de pesticides et d’autres contaminants dans les importations en provenance de pays tiers sont « soit inexistants, soit très limités » dans les États membres visités. L’Italie n’a pas respecté son plan prévoyant l’échantillonnage annuel d’un chargement d’huile d’olive par poste de contrôle frontalier, tandis que les importations d’huile d’olive en Espagne ne font pas systématiquement l’objet d’analyses visant à détecter la présence de contaminants, précise le rapport.
Les exigences légales applicables à l’huile d’olive manquent de précisions sur certains aspects (conditions d’assemblage d’huiles issues de différentes années de récolte, autorisation de mélanger des huiles d’olive vierges extra et vierges). Les États membres adoptent des approches divergentes, susceptibles d’avoir une incidence sur la dégradation de l’huile d’olive au fil du temps, selon le rapport.
Lien vers le rapport : https://aeur.eu/f/k91 (Lionel Changeur)