L'Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA) a publié deux rapports consacrés à la sécurité de l'hydrogène et de l'ammoniac en tant que carburants dans le transport maritime, mercredi 14 janvier. Si le premier comporte des risques encore mal évalués, le deuxième constitue une solution viable à long terme.
Concernant l’hydrogène, l’EMSA a noté une absence de données spécifiques sur les défaillances liées à l'hydrogène et des incertitudes concernant son adéquation aux applications maritimes. Cela entraîne un niveau élevé d'incertitude dans l'analyse de la fréquence des fuites pour les installations de systèmes de carburant à hydrogène.
Par ailleurs, les activités liées au système de carburant à hydrogène à bord introduisent de nouveaux risques professionnels associés à l'exposition directe à l'hydrogène et à ses propriétés inflammables et cryogéniques, ainsi qu'à ses effets asphyxiants. L'équipage doit bien comprendre les risques liés à la manipulation du carburant et connaître les dispositifs de sécurité intégrés. L’EMSA recommande de mettre en place une formation complète, des procédures d'exploitation et une culture de sécurité solide afin de garantir la sécurité de l'exploitation du navire.
Elle a également estimé que l'absence de lignes directrices sur l'avitaillement à quai constitue une lacune importante en matière de sécurité qui doit être comblée.
Lire le rapport : https://aeur.eu/f/k8v
S’agissant de l’ammoniac, l’EMSA considère qu’il pourrait devenir une solution viable à long terme. Cependant, son adoption pose des défis importants en matière de sécurité et d'exploitation, notamment en raison de sa toxicité, de sa corrosivité et de la nécessité de disposer de systèmes de carburant et de moteurs spécialisés. Il est essentiel de traiter ces risques au moyen de protocoles de sécurité rigoureux, de cadres réglementaires et de formations du personnel navigant.
Les défaillances des vannes sont une cause fréquente d'incidents qui, dans certains cas, peuvent entraîner une dispersion toxique, des blessures graves et des dommages environnementaux. Parmi les autres causes profondes, on peut citer la corrosion des tuyaux et des équipements due à l'exposition aux produits chimiques et à un mauvais entretien.
Lire le rapport : https://aeur.eu/f/k8w (Anne Damiani)