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Bulletin Quotidien Europe N° 13786
PRÉSIDENCE CHYPRIOTE DU CONSEIL DE L'UE / Affaires ÉtrangÈres

En tant que pays sous occupation, Chypre soutient l’intégrité territoriale de l’Ukraine et du Groenland, soulignent les responsables chypriotes

Les ministres chypriotes des Affaires étrangères, Constantinos Kombos, des Affaires européennes, Marilena Raouna, et de la Défense, Vasilis Palmas, ont soutenu, mardi 13 et mercredi 14 janvier à Nicosie, l’intégrité territoriale et la souveraineté aussi bien de l’Ukraine que du Groenland, rappelant que leur propre pays était lui-même occupé depuis plus de 50 ans par un pays de l’OTAN, la Turquie.

« Nous sommes un État membre qui, lorsque nous évoquons l'importance du respect du droit international, de l'intégrité territoriale, de la démocratie, de la souveraineté et de l'indépendance, que ce soit en ce qui concerne l'Ukraine, le Danemark ou le Groenland, parle en connaissance de cause. Chypre subit les conséquences de violations du droit international depuis plus de 50 ans, c'est le dernier État membre (de l’UE) sous occupation militaire », a souligné Marilena Raouna, lors d'une rencontre avec des médias dont Agence Europe.

Plus de 40 000 soldats turcs seraient encore présent dans la partie nord de l'ile, occupée.

« La souveraineté et l'intégrité territoriale d'un État membre seront prises très au sérieux. Nous sommes pleinement solidaires du Danemark. (...) Nous nous efforçons de faciliter les efforts de manière à compléter l'approche danoise. Nous continuerons à soutenir et à tout faire en pleine conformité avec l'approche de nos amis danois », a ajouté Constantinos Kombos.

Le même jour, à Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé qu’il appartenait au Danemark et au Groenland de décider de l’avenir du Groenland. « Nous sommes en dialogue constant avec le Danemark et le Groenland afin de comprendre leurs besoins », a-t-elle précisé. Elle a toutefois refusé de commenter la possibilité d'invoquer l'article 42.7 du traité TUE, relatif au soutien mutuel entre États membres, en cas d'accaparement de l'île par les États-Unis.

Au Parlement, la Conférence des présidents des groupes politiques (CoP) a adopté le projet de déclaration des groupes formant la majorité 'von der Leyen', qui demande à la Commission européenne et au Conseil européen de définir un « soutien concret et tangible » au Groenland et au Danemark dans le respect des principes de l'UE, du droit international et de la Charte des Nations Unies (EUROPE 13783/6).

Voir la déclaration: https://aeur.eu/f/k8z

En parallèle, en amont d’une réunion à Washington sur le Groenland, le Danemark a annoncé qu'à partir de ce jour, il renforçait sa présence militaire au Groenland et dans ses environs, « en étroite coopération avec les alliés de l'OTAN », afin « de développer les capacités opérationnelles dans les conditions arctiques spécifiques et de consolider la présence de l'Alliance dans l'Arctique, contribuant ainsi à la sécurité européenne et transatlantique ».

Selon le ministère de la Défense danois, les exercices prévus en 2026 pourraient inclure la protection des infrastructures critiques, l'assistance aux autorités locales, l'accueil de troupes alliées, le déploiement d'avions de chasse et la conduite d'opérations navales.

La Suède, par la voix de son Premier ministre, Ulf Kristersson, a aussi annoncé qu'elle allait envoyer du personnel militaire au Groenland pour préparer les prochaines étapes dans le cadre de l'exercice danois 'Operation Arctic Endurance'.

Concernant l'Ukraine, « par principe et en vertu du droit international », dès le début, Chypre a soutenu les positions européennes et condamné l'invasion russe, a rappelé Vasilis Palmas. « Nous ne pouvions pas adopter une position différente, car Chypre a elle-même subi et été victime de l'invasion turque », a-t-il précisé.

Si la Russie et Chypre ont longtemps été proches, M. Kombos a assuré que « rien de ce que les présidences précédentes ont fait concernant l'Ukraine ne sera diminué durant notre présidence ».

Ainsi, « concernant les idées reçues sur la présence ou l'influence russe à Chypre, environ 43 000 sociétés-écrans ont fermé leurs portes (entre 2018 et 2023), les dépôts d'actifs russes dans notre système bancaire ont chuté de 87 % entre 2015 et 2024 et représentaient 1,5 % du total en décembre 2024 », a précisé le ministre, ajoutant qu’environ 126 000 comptes bancaires avaient été clôturés.

En janvier 2025, les avoirs gelés à Chypre s'élevaient à 901 millions d'euros provenant de sociétés d'investissement, à 307 millions d'euros appartenant à de prestataires de services administratifs et à 90 millions d'euros d'autres entités, selon le gouvernement chypriote.

En outre, Chypre, qui dépendait fortement de l'armée russe, a cessé ses achats et les services liés auprès de Moscou.

Partenariat transatlantique. À travers son semestre de présidence, Chypre promeut une Europe plus autonome, mais ouverte sur le monde. Ainsi, malgré les relations compliquées entre les États-Unis et l’UE, le ministre chypriote des Affaires étrangères a plaidé pour le renforcement de ces relations.

« Je suis convaincu qu'il existe des opportunités et des points de convergence, notamment avec les États-Unis sur certains dossiers, que nous devons explorer pleinement. Il s'agit, par exemple, de la perception des menaces liées à la migration et au terrorisme. Nous devons donc intensifier le dialogue. Nous n'avons pas le choix », a-t-il expliqué.

Constantinos Kombos a tout de même reconnu que la situation avait changé et qu’il fallait être « réaliste et pragmatique » dans cette relation.

La veille, à Berlin, tout en reconnaissant que les relations transatlantiques « ne sont plus aussi bonnes qu’avant », la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, avait rappelé que les États-Unis demeuraient « un allié indispensable ». « Dans toute alliance, il y a des désaccords, mais l'Europe ne renoncera pas à 80 ans de relations transatlantiques », avait-elle ajouté.

Moyen-Orient. Si l’Ukraine, le Groenland ou la situation à Gaza sont au centre des préoccupations des Européens, le ministre des Affaires étrangères a également souhaité que l’Europe se penche sur la situation en Mer rouge et au Yémen avec les attaques des Houthis.

« Ces agissements ont un impact sur la navigation, la sécurité, etc. C'est pourquoi nous pensons qu'il est nécessaire de renforcer notre collaboration », a-t-il plaidé, s’étonnant également que les Houthis ne soient pas considérés comme une organisation terroriste par l'UE.

Selon lui, la situation dans la région s'est considérablement aggravée avec le groupe terroriste Al-Shabaab en Somalie et la situation au Soudan, « qui constitue une immense crise humanitaire dont personne ne parle suffisamment ».

Interrogé sur l’Iran, Constantinos Kombos a précisé que des discussions sur des sanctions avaient commencé au niveau technique au Conseil. (Camille-Cerise Gessant avec Mathieu Bion)

Sommaire

PRÉSIDENCE CHYPRIOTE DU CONSEIL DE L'UE
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INSTITUTIONNEL
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