Le directeur général de l’Agence européenne de Défense (EDA), André Denk, a présenté à des journalistes, dont Agence Europe, mercredi 10 décembre, les propositions de son agence afin de consolider son rôle, comme demandé par le Conseil européen en octobre. Ces propositions ont été discutées lors du Conseil d’administration du 1er décembre et l’objectif est de présenter une 'feuille de route' au printemps prochain.
Il s’agit tout d’abord de développer la fonction d'acquisition de défense de l'Agence, en soutenant les achats groupés et les acquisitions auprès de fournisseurs externes. Selon une source européenne, il y a un fort intérêt, notamment parmi les petits États membres, pour les acquisitions en commun à travers l’EDA, alors que les grands États ont leurs propres agences d’acquisition. Mais pour consolider ce rôle, l’Agence devrait renforcer ses cadres. Selon une source de l’UE, l’unité d’acquisition de l’EDA compte 15 personnes, contre 11 000 pour l’agence allemande et plus de 10 000 pour l'agence française. « La question est donc de savoir ce que les États membres sont prêts à consacrer à l'EDA. Lorsque l'on parle de systèmes d'armes complexes, d'avions, on ne peut pas s'en charger avec dix personnes. On ne peut même pas y arriver avec cinquante », a prévenu cette source.
L’objectif est aussi de consolider le rôle de l'Agence en matière de développement des capacités des États membres, notamment grâce à l'Examen annuel coordonné de la défense (CARD) et au rapport annuel sur l'état de préparation. Celui-ci pourrait être remis à l’automne prochain.
L’Agence souhaite aussi intensifier son rôle dans la recherche, la technologie et l'innovation – en développant le 'Pôle européen d'innovation en matière de défense' (HEDI) pour mieux relier les innovations à court terme aux utilisateurs finaux militaires. « L'innovation est un enjeu crucial pour le présent et l'avenir. Les commandants opérationnels sur le front ukrainien vous le confirmeront : c'est une véritable guerre qui se joue entre les innovateurs ukrainiens et les ingénieurs russes », a justifié M. Denk.
Pour répondre à ses missions, l’EDA, qui compte actuellement 230 employés, plaide pour une réorganisation interne, avec des ressources supplémentaires adéquates.
Enfin, l’Agence européenne de défense met en avant la nécessité de tirer parti des partenariats existants et potentiels. « Le Canada a récemment sollicité l'EDA pour entamer des négociations en vue d'un accord administratif », a annoncé M. Denk. (Camille-Cerise Gessant)