Les commissions des transports et du tourisme (TRAN) et de la sécurité et de la défense (SEDE) du Parlement européen ont approuvé le rapport d'initiative sur la mobilité militaire par 56 voix contre 11 et 2 abstentions, lundi 24 novembre à Strasbourg (EUROPE 13730/22).
Ce vote intervient moins d’une semaine après la présentation de la Commission européenne à ce sujet (EUROPE 13755/1). « Nous voulions finaliser notre rapport d'initiative avant ou en même temps que la Commission présentait sa proposition législative », a expliqué le corapporteur Roberts Zīle (CRE, letton). Apóstolos Tzitzikóstas, commissaire au Transport durable et au Tourisme, et Andrius Kubilius, commissaire à la Défense et à l’Espace, ont salué l’alignement entre la position du PE et la proposition de la Commission. « Le texte que vous avez adopté aujourd'hui est très clair sur un point : nous sommes tous d'accord. D'accord non seulement pour reconnaître l'urgence de renforcer la mobilité militaire sur notre continent, mais aussi pour convenir des mesures concrètes nécessaires pour atteindre cet objectif », a souligné le premier.
Les députés plaident donc pour la création d’un ‘Schengen militaire’ et d'un guichet unique numérique européen pour la délivrance des autorisations de circulation transfrontalière des équipements militaires. Ils souhaitent également que l'UE suive l'exemple de l'OTAN et veille à ce que les troupes puissent franchir les frontières intérieures de l'UE dans un délai de trois jours en temps de paix et dans un délai de 24 heures en situation de crise.
Après le vote, les députés ont pu échanger avec les commissaires. Alexandr Vondra (CRE, tchèque) a demandé si le front oriental serait priorisé. « Tous les pays sont couverts, car nous devons être prêts avec toute l'Europe et nous ne savons pas d'où viendra la prochaine menace », a répondu M. Tzitzikóstas. « Si quelque chose arrive, nous devrons avoir la possibilité de déplacer du matériel militaire et du personnel militaire de l'ouest vers l'est. Il ne suffit donc pas d'avoir de bonnes routes et de bonnes connexions dans la partie orientale de l'Europe », a enchéri M. Kubilius.
Concernant le financement, le commissaire a rappelé que certaines règles concernant l'utilisation des fonds non dépensés de l'Union européenne, comme les fonds de cohésion, sont en cours de modification.
Lire les amendements de compromis : https://aeur.eu/f/jnk (Anne Damiani)