L'Union européenne et l'Union africaine (UA) ont acté, mardi 25 novembre, dans une déclaration commune lors du septième sommet 'UE-UA' de Luanda (Angola), leur vision d'avenir du partenariat politique entre Européens et Africains. Esquissée la veille dans une série d’allocutions solennelles (EUROPE 13758/3), cette déclaration formalise un partenariat au ton plus symétrique entre deux continents porteurs d’agendas politiques propres - l'Agenda 2063 de l'UA et les priorités stratégiques de l'UE - et projette une coopération commune à long terme, au delà de l'Agenda 2030 de développement durable.
« À l’occasion du 25ᵉ anniversaire du partenariat UA-UE, nous regardons en arrière avec fierté nos réalisations et nous tournons vers l’avenir avec l’ambition de bâtir des continents plus intégrés, prospères et pacifiques, au service du bien-être de nos populations », ont déclaré les deux blocs.
Leur texte réaffirme ainsi avec insistance les principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et d’indépendance politique, présentés comme non négociables et les applique à un large éventail de crises, de l’Ukraine aux Territoires palestiniens occupés en passant par le Soudan, la République démocratique du Congo (RDC), la Somalie ou la région du Sahel (EUROPE 13756/6). En outre, les partenaires se sont trouvés d'accord pour que les opérations de paix de l’UA soient financées par le biais de contributions obligatoires de l’ONU.
Commerce, investissements et industrialisation. Les partenaires sont convenus d'« améliorer l’environnement des affaires » en Afrique, notamment pour la mise en œuvre du paquet d'investissement 'Global Gateway' de l'UE, mais aussi d’accélérer la mise en œuvre de la 'Zone de libre-échange continentale africaine' (ZLECAf) et de soutenir l'industrialisation des pays africains.
« Nous promouvrons le développement durable des chaînes de valeur pour renforcer la capacité des industries locales à participer aux marchés régionaux et mondiaux et pour diversifier et sécuriser les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment dans le domaine des minerais stratégiques et critiques », ont-ils déclaré.
En outre, l'UE se dit « disposée à soutenir l’élaboration d’un cadre juridique et institutionnel solide pour le développement de corridors, inspiré du réseau transeuropéen de transport, mais pleinement adapté aux besoins, possibilités et dynamiques du secteur africain des transports ».
Transition énergétique. Les deux Unions se sont engagées à soutenir une transition énergétique « juste, équitable et durable » en Afrique, avec l’objectif affiché de donner accès à une électricité propre à au moins 100 millions de personnes d’ici 2030. La déclaration met en avant les interconnexions électriques africaines, le développement des énergies renouvelables et de la 'finance climat', que les deux blocs appellent à renforcer à grande échelle.
Santé. L’UA et l’UE plaident pour une réforme de l’architecture mondiale afin de mieux concilier sécurité sanitaire, couverture santé universelle et équité, en soutenant par ailleurs la montée en puissance d’une « souveraineté sanitaire africaine ».
Mémoire et réparations. Enfin, la déclaration consacre un passage inédit aux questions de mémoire, de colonialisme et de réparations. Les partenaires ont notamment reconnu le thème de l’Union africaine pour 2025 et la prochaine « Décennie de la justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par le biais des réparations ».
Voir la déclaration commune : https://aeur.eu/f/jmv (Bernard Denuit)