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Bulletin Quotidien Europe N° 13720
SOMMET DE COPENHAGUE / Ukraine/dÉfense

Face à la menace russe, les dirigeants européens se réunissent à Copenhague pour parler défense et aide à l’Ukraine

Les dirigeants européens se retrouvent mercredi 1er octobre à Copenhague dans le cadre d’un sommet informel sous Présidence danoise du Conseil de l’UE pour évoquer les enjeux de défense et de soutien à l'Ukraine, dans un contexte de sécurité renforcée.

Ces sujets seront abordés « avec importance et urgence », selon plusieurs diplomates européens, à la lumière des récentes incursions de drones non identifiés, qui ont notamment survolé l’aéroport de Copenhague et des sites militaires danois le week-end du 27 et 28 septembre.

Ces incursions surviennent à la suite de violations de l’espace aérien de la Pologne, de la Roumanie et de l’Estonie ces dernières semaines par des chasseurs et drones russes (EUROPE 13715/21).

Avant la tenue de la réunion informelle à Copenhague, mais également de la réunion de la Communauté politique européenne (CPE) le lendemain (EUROPE 13720/2), l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède et la France ont envoyé des moyens de lutte anti-drones pour sécuriser les sommets. En outre, le Danemark a interdit les vols de drones civils dès le 29 septembre.

Préparation d’une Europe de la défense. Le président du Conseil européen, António Costa, coprésident la réunion informelle avec la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, reconnaissait le 19 septembre dernier, dans sa lettre d’invitation au sommet informel (EUROPE 13713/24), qu’il était urgent de « construire une Europe capable de répondre efficacement, de manière autonome et collective aux menaces d’aujourd’hui et de demain ».

Cela s’illustre par la volonté de l’UE d’adopter une 'feuille de route' 'Pour la préparation d’une Europe de la défense' à l’horizon 2030, qui devrait être présentée par la Commission européenne le 16 octobre, en amont du Conseil européen des 23 et 24 octobre.

'Mur de drones'. La réunion informelle à Copenhague vise précisément à échanger sur les premières idées formulées par la Commission européenne, dans un document de cadrage qu’elle a publié le 29 septembre (EUROPE 13719/11).

Parmi les projets phares présentés, la mise en place d’un 'mur européen de drones', doté de capacités de détection, de suivi et d’interception, est particulièrement d’actualité (EUROPE 13720/3). Ce projet a été qualifié de « priorité immédiate » par le commissaire européen à la Défense et l’Espace, Andrius Kubilius, vendredi 26 septembre. Toutefois, ce dernier a reconnu que sa mise en place pourrait prendre un an (EUROPE 13718/16).

Les dirigeants européens devraient évoquer plus largement la menace accrue pour le « flanc oriental » de l’Europe et discuter des questions de gouvernance, notamment de la possibilité de renforcer la coordination des ministres européens de la Défense sur les enjeux de capacités militaires.

Avoirs russes gelés. Un autre sujet qui devrait s’immiscer dans les discussions concerne la proposition de la Commission européenne d’utiliser les soldes de trésorerie générés par les actifs russes immobilisés dans l'UE, détenus principalement par Euroclear et arrivant à échéance, sans confisquer directement ces actifs (EUROPE 13720/4).

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a plaidé lui aussi, jeudi 25 septembre, pour une plus grande utilisation des avoirs russes gelés dans l'Union européenne, afin de soutenir la défense de l’Ukraine, sous forme de prêt sans intérêt à hauteur de 140 milliards d’euros (EUROPE 13718/17). Le Premier ministre belge, Bart De Wever, dont le pays accueille Euroclear sur son sol, a dit, mardi 30 septembre, que cette idée ne le rendait « pas enthousiaste » et qu'il profiterait du sommet pour s'exprimer à ce sujet.

« Il s'agit d'une question très complexe, aux implications financières et juridiques considérables », a reconnu un diplomate européen. « Je ne m'attends pas à ce que les dirigeants détaillent ces implications, mais il est indispensable qu'ils fournissent des orientations politiques quant à leur volonté d'agir sur ce sujet afin d'utiliser les actifs immobilisés », a-t-il poursuivi.

Modification du cadre pour l’adhésion de l’Ukraine. En marge de la réunion, des discussions informelles devraient également concerner les négociations en cours du 19e paquet de sanctions à l'encontre de la Russie (EUROPE 13713/1), mais aussi la possibilité de modifier la procédure dans le processus d'adhésion de l'Ukraine de l’UE afin de contourner le veto de la Hongrie à l’ouverture du premier ensemble ('cluster') de chapitres de négociation (EUROPE 13673/2).

Lors de son « tour des capitales » européennes au cours du mois de septembre, le président du Conseil européen, António Costa, a ainsi recueilli les avis des dirigeants européens sur la possibilité d’ouvrir chacun des ensembles de chapitres (soit 35 chapitres de négociation au total) à la majorité qualifiée des États membres, et non plus à l’unanimité. La fermeture de 'clusters' continuerait de nécessiter l'unanimité.

Si cette proposition a recueilli l’avis favorable d’une large majorité de dirigeants, sans aucun rejet ferme de la part de l’un d’entre eux, selon un diplomate, toute modification du cadre nécessite bien l’unanimité des 27 États membres, ce qui est « loin d’être garanti ». (Pauline Denys avec Camille-Cerise Gessant)

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